‹ Théâtre choisiChapitre 19 sur 375 · JUPITER, ALCMÈNE, MERCURE · texte numérisé non relu

JUPITER, ALCMÈNE, MERCURE

JUPITER, sous la figure d^Araphitryon.

Avecque ce baiser je te laisse mon âme ;

Adieu, conserve autant que j’emporte de flamme. Hyménée à mes yeux ne fut jamais^si beau;

Jamais d’un si beau feu n’éclaira son flambeau ; Jamais de Jupiter les agréables crimes En douceur n’ont passé nos baisers légitimes : Surtout conserve-toi ; le temps est expiré Où nous doit naître un fruit si longtemps désiré,

Où Thèbes de ma couche attend un capitaine.

Digne sang de mon sang et de celui d’Alcmène.

ALCMÈNE

Quel si pressant besoin vous tire de ce lieu.

Où le salut à peine a précédé l’adieu ?

JUPITER

Je m’acquitte des soins où Créon me destine :

Par l’absence du chef, tout le corps se ruine ;

Mon amour meme ici dérobe à mon devoir Ce court et doux moment que j’ai pris pour te voir : Moi-même j’ai voulu t’apprendre les nouvelles Du fruit de mon voyage et du sort des rebelles.

Et t’offrir de ma main ce riche vase d’or

LES SOSIES

Qui jadis de Ptérèle embellit le trésor.

Adieu, laisse-moi rendre un devoir âmes armes; El laisse mon retour au seul soin de tes charmes.

(Alcmène sort.)

Déesse du repos, nuit, mère du sommeil.

Achève enlin ta course, et lais place au soleil.

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