‹ Théâtre choisiChapitre 193 sur 375 · UNE VOIX · texte numérisé non relu

UNE VOIX

Poursuis, Genest, ton personnage ;

Tu n’imiteras point en vain ;

Ton salut ne dépend que d’un peu de courage.

Et Dieu t’y prêtera la main.

GENEST

Qu’entends-je, juste Ciel, et par quelle merveille,

Pour me loucher le cœur, me frappes-tu l’oreille? Souffle doux et sacré qui me viens enflammer,

Esprit saint et divin qui me viens animer.

Et qui, me souhaitant, m’inspires le courage,

Travaille à mon salut, achève ton ouvrage,

Guide mes pas douteux dans le chemin des cieux.

Et pour me les ouvrir dessille-moi les yeux.

Mais, ô vaine créance et frivole pensée,

Que du ciel cette voix me doive être adressée ! Quelqu’un, s’apercevant du caprice où j’étois.

S’est voulu divertir par cette feinte voix.

Qui d’un si prompt effet m’excite tant de flamme.

Et qui m’à pénétré jusqu’au profond de Tâme.

Prenez, dieux, contre Christ, prenez votre parti.

Dont ce rebellé cœur s’est presque départi ;

Et toi contre les dieux, ô Christ, prends ta défense, Puisqu’àTes lois ce cœur fait encor résistance.

Et dans4’onde agitée où flottent mes esprits Terminez votre guerre, et m’en faites le prix. Rendez-moi le repos dont ce trouble me prive.

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