‹ Théâtre choisiChapitre 256 sur 375 · DON PÈDRE, PÉREZ · texte numérisé non relu

DON PÈDRE, PÉREZ

DON PÈDRE, à part.

N’aurai-je point de trêve, aimable violence,

Soupirs désavoués qui troublez mon silence,

Que ma raison condamne et ne peut étouffer?

Et d’une ingrate, enfin, ne puis-je triompher?

Dois-je longtemps encore, insupportables flammes. Sans espoir d’allégeance...

PÉREZ, écrivant.

« Exercent sur les âmes. »

DON PÈDRE, à part.

Mais que fait là Pérez? il sait ma passion.

Et s’acquitte si mal de sa commission !

Différant sa réponse, il prolonge mes peines. Qu’écrit-il? approchons.

PÉREZ, écrivant.

« Des têtes souveraines. »

DON PÈDRE, à part.

M’ourdit-il quelque trame, et sa fidélité Se relâcherait-elle à quelque fausseté ?

PÉREZ, écrivant.

« Mais , belle Léonor , si mon amour extrême.... »

DON PÈDRE, à part.

Dans un propos d’amour mêler l’objet que j’aime I

PÉREZ, écrivant.

« Et les fers glorieux... »

DON PEDRE , à part.

A celle que je sers

Parler insolemment et de feux et de fers !

PÉREZ, écrivant.

« L’éclat... >1

DON PÈDRE, à part.

Oserait-il, sachant que je l’adore, Prétendre, l’arrogant, aux faveurs que j’implore ?

Aurait-il Tinsolence et la témérité De former un dessein...

FEREZ

« Et par sa pureté. »

DON PÈDRE, entrant dans le cabinet.

Mais en puis-je être en doute, et si longtemps attendre?

FEREZ, écrivant.

«Je prétends... »

DON PÈDRE, lui arrachant l'écrit.

Voyons, traître, à quoi tu peux prétendre

FEREZ

A rien, Sire; j’écris...

DON PÈDRE

Donne-moi cet écrit.

FEREZ

Dieux !

DON PÈDRE

Que dois-je inférer de ce trouble d’esprit?

Perfide ! quelle foi veux-tu que j’en présume ?

PÉREZ

J’écrivais sans dessein que d’éprouver ma plume.

DON PÈDRL li .

« Je ne demande pas, vive source de flammes,

« Que VOUS me permettiez une nécessité ;

« Le pouvoir que vos yeux exercent sur les âmes « Doit répondre pour moi de ma captivité.

« Je sais bien que mon rang déshonore vos chaînes, « Et que votre beau joug, aux libertés fatal,

« Semble, faisant ployer des têtes souveraines,

« Tomber indignement sur le cou d’un vassal.

« Mais, belle Léonor, si mon amour extrême « Et les fers glorieux où je suis arrêté « Ne brillent par l’éclat que jette un diadème, « Ils brillent par ma flamme et par sa pureté.

(A Pérez.)

« L’hymen où je prétends... » Et cette audace, traître...

PÉREZ

Seigneur !

DON PÈDRE

Est le respect d’un vassal à son maître ! J’ai fait un digne choix, et versais mon secret Dans une âme loyale et dans un sein discret.

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