‹ Théâtre choisiChapitre 325 sur 375 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

LES MÊMES; FÉDERIC.

VENGESLAS,

Que fait le prince, duc?

FÉDERIC.

C’est en ce moment, Sire, Qu’il est prince en effet et qu’il peut se le dire :

11 semble, aux yeux de tous, d’un héroïque effort. Se préparer plutôt à l’hymen qu’à la mort.

Et puisque, si remis de tant de violence.

Il n’est plus en état de m’imposer silence,

Et m’envier un bien que ce bras m’a produit.

De mes travaux, grand roi, je demande le fruit,

VENCESLAS

Il est juste, et fût-il de toute ma province...

FÉDERIC.

Je le restreins, Seigneur, à la grâce du prince,

VENCESLAS

Quoi!

FÉDERIC.

J’ai votre parole, et ce dépôt sacré Contre votre refus m’est un gage assuré.

J’ai payé de mon sang l’heur que j’ose prétendre.

VENCESLAS

Quoi ! Féderic aussi conspire à me surprendre 1 Quel charme contre un père, en faveur de son fils, Suscite et fait parler ses propres ennemis ?

FÉDERIC.

C’est peu que pour un prince une faute s’efface, L’État qu’il doit régir lui doit bien une grâce :

Le seul sang de l’infant par son crime est versé. Mais par son châtiment tout l’État est blessé :

Sa cause, quoique injuste, est la cause publique : Il n’est pas toujours bon d’être trop politique.

Ce que veut tout l’État se peut-il denier?

Et, père, devez-vous vous rendre le dernier?

Page 1