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ACTE V, SCÈNE II

SIRA

Quand j’ai tout avoué, je n’ai rien à répondre ;

Je prends droit par moi-même, et mon plus grand forfait Est, non d’avoir osé, mais osé sans effet.

SIROES.

Les instruments du mal le seront du supplice : Choisissez l’un des deux, et faites-vous justice.

C’est quelque grâce encor, je n’osais l’espérer;

Je choisis le poison, fais-le moi préparer :

Je l’estimerai moins un poison qu’un remède Que je dois appliquer au mal qui me possède ;

Le goût m’en sera doux, au défaut de ton sang. Dont avec volupté j’eusse épuisé ton flanc.

Je préfère à la vie une mort salutaire.

Qui me va délivrer des mains d’un adversaire.

Mais joins une autre grâce au choix de mon trépas, Tyran, fais que mon fils y précède mes pas.

Pour le voir, par sa mort, exempt de l’infamie De recevoir des lois d’une main ennemie ;

Vivant, de son crédit tu craindrais les effets.

SIROÈS

Vos vœux sont généreux, ils seront satisfaits. Qu’il entre, Sardarigue, et remenez la reine.

SIRA, avec emportement.

Reine est ma qualité, quand tu sais qu’elle est vaine ! Hier, j’étais ta marâtre, et je tiens à grand bien De mourir aujourd’hui pour ne t’être plus rien.

(Elle sort avec Sardarigue et les gardes ) PALMIRAS.

Donnez au désespoir ces reproches frivoles.

Elle est femme, elle meurt, et ce sont des paroles ; Bien plus, si l’intérêt de mon autorité Me pouvait épargner cette sévérité,

A quoi que la vengeance avec droit me convie,

Avec plaisir encor je souffrirais sa vie,

Et, malgré tant d’effets de son aversion,

Préférerais sa grâce à sa punition.

COSROÈS.

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