SCÈNE VIII
SARDARIGUE, NARSÉE, SIROÈS, PALMIRAS, PHARNACE, GARDES.
SARDARIGUE.
Ah ! Sire, malgré vous le destin de la Perse Vous protège et détruit tout ce qui vous traverse.
SIROÈS
Qu'est-ce encor?
SARDARIGUE.
Cosroès, rentré dans la prison,
Ayant vu que la reine y prenait le poison.
Prompt, et trompant les soins et les yeux de la troupe, Avant qu’elle eût tout pris, s’est saisi de la coupe,
Et, buvant ce qui reste : « Il faut, » nous a-t-il dit. Voyant d’un œil troublé Sira rendre l’esprit Et nager dans son sang Mardesane sans vie,
« Il faut du sort de Perse assouvir la furie,
« Accorder à mon père un tribut qu’il attend,
« Laisser à Siroès le trône qu’il prétend,
« Et de tant de tyrans terminer la dispute* »
Là, tombant, quelque garde a soutenu sa chute ;
Et nous...
SIROÈS, furieux.
Eh bien, cruels, êtes-vous satisfaits?
Mon règne produit-il d’assez tristes effets?
La couronne, inhumains, à ce prix m’est trop chère. Allons, Madame, allons suivre ou sauver un père.
PALMIRAS.
Ne l’abandonnons point.
SARDARIGUE, à part.
Ses soins sont superflus ;
Le poison est trop prompt, le tyran ne vit plus.
FIN DE COSROÈS,