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SCÈNE XI

LAURE, ORANTÉE.

LAURE

Vous plaignez bien la foi que vous avez donnée A cette vicieuse, à cette abandonnée.

ORANTÉE.

Tant qu’au moindre soupçon qu’on t’en verrait former Je mourrais à tes pieds pour te la confirmer.

LAURE

Quoi ! pour une effroyable et si digne de haine ?

La frayeur que tu fais est une douce peine.

LAURE

Si laide, puis-je bien vous causer tant d’ardeur?

ORANTÉE.

Tu feras bien du mal avec cette laideur,

LAURE

De l’horreur !

ORANTÉE.

De l’amour !

LAURE

De la peur !

ORANTÉE.

De l’envie !

LAURE, l’embrassant.

Mon prince ! mon espoir !

ORANTÉE.

Ma princesse ! ma vie !

Enfin VOUS confondrez, beaux yeux, beaux enchanteurs, Vos persécutions et vos persécuteurs,

LAURE PERSÉCUTÉE

Et bientôt vos rayons, dissipant tout nuage,

En de fâcheux esprits ne verront plus d’ombrage. Mais, ma chère princesse, attendant ce beau jour, Seconde un joli trait que m’inspire l’Amour.

LAURE

Quel? dites seulement.

ORANTÉE.

D’aller au roi toi-même Prouver en tes habits que ta grâce est extrême :

Je veux qu’il rende hommage à des charmes si doux.

LAURE

En mes habits? Mon prince, à quoi m’obligez-vous?

. OKANTÉE.

A rien : certaine fourbe, à ce sujet conçue.

Ne m’en fait espérer qu’une agréable issue.

Viens, je te la dirai.

LAURE

Si vous le souhaitez.

J’y cherche vos plaisirs, et non mes sûretés.

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