‹ Théâtre choisiChapitre 81 sur 375 · LE COMTE, LAURE · texte numérisé non relu

LE COMTE, LAURE

LE COMTE, à part.

Quelque difficulté qu’à l’abord elle fasse,

La brèche déjà faite assure de la place.

(A Laure.)

Madame, ces beaux yeux, ces clairs flambeaux d’amour, Plus dignes de donner que d’emprunter le jour,

Tout baignés qu’ils étaient de cette eau qui les lave.

Se sont d’un seul regard fait un illustre esclave.

Un roi qui vous adore, et dont la passion Payerait de son sang votre possession.

Des faveurs qu’on lui faiUson rang ôte le crime ;

Jamais avec son prince on ne perd son estime ; Laissez-vous enchaîner à des liens dorés.

Et promettez le calme à ses sens égarés.

Comme lui de sa part, après cette allégeance.

Promet à votre honneur une prompte vengeance.

LAURE

N’accusons plus le sort, il a trop fait pour moi,

Après tant de malheurs, si je plais à mon roi :

La perte de l’honneur à son sujet soufferte

LAURE PERSÉCUTÉE

Est à la plus honnête une honorable perte. Allez, assurez-le que sur ce peu d’appas Il est plus absolu que dessus ses États.

LE COMTK, à part.

Voilà sans trop attendre accorder ma requête, Et j’emporte à bon prix une riche conquête.

(A Laure.)

Madame, assurez-vous que ce consentement Est à votre fortune un heureux fondement.

Mais où promettez-vous du secours à sa peine ?

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