‹ Théatre choisiChapitre 1 sur 418 · L. B. PICARD · texte numérisé non relu

L. B. PICARD

Nous ne le comparerons pas à Molière, comme on Va essayé plus d'une fols. Lui-même sMndignait de la comparaison, et faisait bien.

11 se connaissait — nous en aurons plus d*une fois la preuve — et il permettait tout au plus qu'on Tassimilât à Dancourt, ce qui était alors trop modeste. Quant à Molière, dont le génie lui inspira une excellente étude, trop peu connue , il voulait qu^on ne le rapprochât de ce grand homme que comme l'on rapproche Tadorateur de son Dieu.

Comprenant ce qu'il y ayait d'éphémère dans ses propres œuvres, et d'immortel dans celles de l'incomparable génie, il disait : Je suis de mon époque, il est de toos les temps ; ce que j*ai fait sera mort depuis de longues années lorsque, lui, n*aura pas vieilli d*une heure.

Il ne pouv^t nier toutefois, et c'est à cela seulement qu'il Attribuait l'honneur de la comparaison, que bien des similitudes d'existence l'amenaient assez naturellement; et que s'il n'était pas possible de mettre sur le même plan le génie de l'un et le talent de Tautre, il était aussi bien difficile de ne pas rapprocher leurs vies et leurs épreuves.

L'un et l'autre avaient été, au début, cruellement contrariés dans leur vocation, et tous les deux, une fois en possession de cette vie de théâtre, dont on leur avait si dièroment marchandé les approches, s'y étaient jetés avec la même vaillance, la même persistance dans la multiplici4 des efforts. Gomme Molière, Picard fut, on va le voir, auteur, acteur et directeur, et, ainsi que Molière, toute proportion gardée, il sut dans cette triple tâche éire toujours prêt et suffire à tout.

Comme tous les comiques qui ont marqué, il vit le jour

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