SCÈNE II
GRËPON, MARASGHINI, FIAMMESGHI.
MABASGHmi.
Eh bien ! monsieur Fiammeschi?
FIAMMESGHI.
Niente, absolument, niente. Mais, M. Durville. sentez donc la position où je me trouve. — Ahf mon cher Fiammeschi, puis-je, encore plus malheureux que vous... — Bref, beaucoup de politesses ; mais de l'argent, point : et il a fiai par me prier de me trouver à une heure à l'assemblée des créanciers. Il m'a chargé de vous y inviter ; il désire aue vous fassiez entendre raison aux autres, et qu on accepte les arrangements qu'il doit proposer.
CRÉPON
Ah! oui, qu'il s'en rapporte à nous; il est temps de faire un exemple, et, pour la sûreté du commerce, il faut poursuivre ngoureusement...
MARASGHINI.
Ses arrangements ! quels peuvent-ils être ? Des centimes pour des francs. Mais enûn, cet homme a des biens, un mobilier superbe.
CREPON.
Il faut tout faire saisir, point de pitié.
FIAMMESCHI.
Eh ! non, désabusez-vous. Tous ces biens, tous ces meubles, ce n'est pas à lui.
148 DUHAUTGOUBS.
MABASCHINI.
Et à qai donc?
FIAMHBSCHI.
A sa femme ; et, comme cela se pratique, séparation de biens entre le mari et la femme.
MABASCHINI.
Ah 1 nion Dieu I ce Duhautcours n'oublie rien quand il se mêle d'une affaire.
CRÉPON
Qu'est-ce que vous dites donc ? Séparation de biens entre le mari et la femme. Ahl mes amis, je suis sauvé !
MARASGHINI.
Ëhl comment donc, s'il vousplatt?
CRÉPON
Des rubans, du crêpe, des fleurs, du rouge et des ridicules ; ce n'est pas pour monsieur, je crois. Il est bien clair que je n'ai affaire qu'à madame.
MARASGHINI.
Mon cher Fiammeschi, est-ce que nous ne pourrions pas faire passer vos lampions et mes glaces sur le compte de madame?
FIAMMESCHI.
Ah! oui, avec des fripons comme ceux-là!
CREPON.
Des fripons ! ah, c'est trop fort, monsieur Fiammeschi. J'ai toujours connu M. Durville pour un très galant homme; j'aime à croire qu'il n'est que malheureux.
FIAMMESCHI.
Fort bien, prenez sa défense, monsieur le marchand de modes, qui n'avez affaire qu'à madame.
CRÉPON
Croyez, mes bons amis, que je ne suis animé que du désir de vous être utile. Mais tenez, la colère ne mène à rien; vous avez dû l'éprouver dans plus d'une occasion semblable. J'ai un conseil à vous donner : prenez ce qu'il vous offrira; c'est toujours autant de gagné. Mille pardons si je vous
Î[uitte; faites vos affaires avec M. Dnrville; je vais aire arrêter mon mémoire par madame.
(// sortj)
ACTB III, SCENB IV. 149