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MARCELIN, GASPARD, GEORGETTE, DELORME

DELORME

Bonjour, la compagnie. {A Gaspard,) Ah I vous voilà, monsieur ? Mon Dieu, que vous m'avez fait rire hier avec vos marionnettes : c'est qu'il y a là dedans une une morale qui ne m'a pas échappé.

Oh I le but moral l c'est à quoi je ne manque jamais.

DELORME

On est bien inquiet de ma réponse ici, n'est-ce pas ? Eh bien ! c'est dit, mes enfants, je consens a votre mariage.

BfARCELlN.

En vérité I

Ah ! mon père, que je vous remercie I

DELORME

Un instant. J'y mets une petite condition : l'agrément du parrain de ma fille.

MARCELIN

De M. Dorvilé ?

Nous l'aurons.

MARCELIN

Il est ici.

DELORME

Est-ce que dès le grand matin il ne m'a pas envoyé chercher pour me demander des nouvelles de son jardin et de sa filleule ? Oh ! il faut lui rendre justice, c'est un bon maître. Il a bien de temps en temps des accès de fierté et d'orgueil ; mais cela lui prend moins souvent avec moi de[)uis son dernier vovage. Et sa sœur madame deSaint- Phar» elle a été d'une gracieuseté... Il parait que leurs affaires vont de mieux en mieux. Cela devient une vraie fortune. Dame ! il spécule, il calcule.

MARCELIN

Oui, pourvu que cela ne s'écroule pas quelque beau matin.

AOTB I, SCÈNE III. 237

GB0R6ETTR.

Mais si mon parrain allait refuser?

DELORME

Laisse donc; c'est une^ simple formalité. En définitif, je suis ton père peut-être ?

MARCELIN

Pourquoi ne lui en avez-vous pas touché quelques mots sur-le-champ?

DELORME

J'y ai bien pensé ; mais, je ne sais comment cela s'est fait : au moment où je cherchais mes paroles, ils m'ont congédié ; et je crois qu'il vaut mieux que ce soit Georgetle qui lui parle.

Bloi, mon père ? toute seule ?..,

DBLORSIE.

Eh I non, mon enfant, je serai là pour te seconder. Ah çà I cousin Marcelin, tu sais ce que je donne pour dot à ma fille? Le trousseau de sa mère. Toi, de ton côté, tu n'as que ton talent. Ainsi, mes enfants, le contrat de mariage sera bientôt fait.

Écoutez donc, père Delorme : M. Léonard, le notaire, n'expédie pas ses actes à bon marché, nous n'avons rien ni l'un ni l'autre; à quoi bon faire des' frais inutiles ? On se marie bien sans contrat. Point de contrat de mariage. La publication des bans, la célébration, et puis une noce ; oh 1 une grande noce 1 Voilà tout ce qu'il nous faut.

DELORME

I Comment ! c'est tout ce qu'il nous faut?

I GASPARD

Oui, je suis pour la noce, moi. Mais il faut que j'aille à la ville voisine, voir s'il n'y a pas quelque chose à faire pour mon spectacle. Je reviendra! vers le soir. {A Georgette,) Établissez bien votre empire sur votre ancien maître, mademoiselle; c'est ce qui peut lui arriver de plus heureux. (A Marcelin, ) Garde si tu le peux ton caractère infaillible. Tu ne changeras pas le monde; le vieillard n'en restera pas moins près de son coffre ; l'enfant sera toujours mené par des joujoux, et les hommes de notre âge par les femmes, la table, les

honneurs et l'argent, qui ne sont que des jouets d*uue autre espèce. (// ton,)

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