SCÈNE X DELORME, MARCELIN, GEORGETTE, LÉONARD
LÉONARD
C'est vous que je cherche, monsieur Marcelin... Un moment... que je respire... j'ai tant couru.
MARCELIN
C'est vous, monsieur Léonard? je vous vois venir; vous avez entendu parler de mon mariage, je l'ai annoncé à tout le monde, moi. Vous venez pour le contrat; mais il n'est pas encore bien sûr que nous en fassions.
LÉONARD
II s'agit de bien autre chose. Un de mes confrères de Paris vient de descendre à mon étude.
MARCELIN
Eh bien?
LÉONARD
Votre cousin Ducoudray...
MARCELIN
Aurait-il donné de ses nouvelles?
LÉONARD
Oui vraiment. Il est mort.
MARCELIN
Triste nouvelle.
LEONARD
Garçon, sans enfants, il a fait un testament; il vous institue son légataire universel.
MARCBLIN.
Hem ! plait-il? qu'est-ce que vous dites?
LÉONARD
Que votre cousin germain, Charles Ducoudray,
*ACTE 1, SOAne XI. 847
par un testament bon et valable, dont je Tiens de recevoir une expédition, vous institue son légataire universel , et vous laisse à peu près cinquante mille écus de rente.
DELORME
Cinquante mille écus!
GEORGBTTB.
A lui?
MARCELIN
A moi ! Ah I monsieur Léonard, ma petite Georgette, père Delorme, que je vous embrasse, embrassez-moi... Attendez, j*ai peurde m'évanouir... Non, ce ne sera rien. Je reviens, je reviens. (U chante et danse,) Ta, la, la, ra, ra. Et où est-il ce brave homme de notaire de Paris, qui m'apporte de si bonnes nouvelles?
LÉONARD
Chez moi, hîen fatigué, qui n'attend que votre visite pour se mettre au lit.
MARCELIN
11 ne faut pas le faire languir, j'y cours.
LÉONARD
Venez.
Fermez donc votre boutique, mon cousin.
MARCELIN
Et qu'est-ce que cela me fait? Qu'on me vole, qu'on me pille, qu'on méprenne tout; brisez les meubles, jetez-les par la renètre. Cinquante mille écus de rente ! Au diable l'enseigne et le métier d'écrivain public.
{Il arrache 8on enseigne, renverse la table et leê chaises ^ et sort en dansant avec le notaire^)