‹ Théatre choisiChapitre 303 sur 418 · D0R8AT · texte numérisé non relu

D0R8AT

Causons.

SAm VILLE.

Quelle femme charmante que votre nièce! que de grâces 1 que d'esprit 1 J'aime jusqu'à ses ca^prices.

DORSAY

Hier, en sortant du bal, elle me parlait de monsieur le coload avec un intérêt .«

aSS LES RICOCHETS.

SAINVILLË.

Vraiment? Vous m'enchantez. Seraia-je assez heureux pour pouvoir vous rendre service?

DORSAY

Ne parlons pas de ce gui me concerne, j'aurai l'honneur d'aller vous faire ma cour.

SAINVILLÉ. .

Parlez sur-le-champ, je vous en prie : trop heureux d'être utile à l'oncle de madame de Mircour ! Mais qfuand donc se décidera-t-elle à m'accorder sa main ?

DORSAT.

Elle est à vous. Les affaires de la succession de son mari sont le seul obstacle. Je vous sers de tout mon pouvoir ; mais ce qui vous sert mieux que moi, mieux que votre grade, mieux que le rang môme de monsieur votre père, ce sont vos qualités, votre mérite... oui... sans flatterie.

SAINVILLE

Oh I sans flatterie... Que puis-je faire pour vous, mon cher Dorsay ? ;

DORSAY

Eh bien! puisque vous l'exigez... le ministre votre père a la plus grande conuance en vous.

SAINVILLE

Je cherche à la mériter.

DORSAY

M. le président de Blamont, qui est mon cousin germain, M. le colonel Dirlac, votre camarade, qui était allié de ma femme,, prennent à moi le plus vif intérêt.

SAINVILLE

Oui, je connais votre famille, vos alliances, votre fortune.

DORSAY

Loin de songer à l'augmenter, comme tant d'autres, je ne cherche qu à m*en faire honneur, comme quelques autres. Il y a dans .ce moment une place majeure,, une place d'éclat à la nomination de monsieur votre père : j'ai la vanité d'y prétendre.

SAINVILLE

En avez-vous fait la demande?

,.., DORSAY

"Oui vràîmeiftj, jnaisun des premiers commis

BOÂNB VU 8S0

m'a dît que le premier secrétaire lui avait dit que le ministre se proposait de vous consulter.

SAINVILLS.

Eh bien! mon cher Dorsay?

DORSAY

Soyez mon protecteur. J'aurai l'honneur de vous porter chez vous des lettres, des titres, des apostilles...

SAINYILLB.

Pas du tout, Yoyons-les à l'instant : je passe avec vous dans votre cabinet.

MADAME DE MIRQOD&, en dehors.

Mais c'est inconcevable! courez donc, cherchez donc; il est impossible qu'il soit perdu.

SAINVILLE

Attendez... N'est-ce pas madame de Mircour que j'entends?

OORSAT.

Elle-même.

SAINVILLE

Allez me chercher vos papiers, mon cher Dorsay, je les attends ; ce matin même, je les présente à mon père...

DORSAY

Un mot de vous, et je suis aussi sûr de réussir que vous Têtes de plaire à ma nièce. Oui , mon cher neveu... Pardon, mais je serai si glorieux d'une telle alliance... Je cours chercher mes papiers. (Il sorU)

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