PHILIBERT AINÉ, PHILIBERT CADET
PHIUBERT CADET.
Ah I te voilà donc, mon frère.
PHILIBERT aInÉ, brosqoement.
C'est toi, mon frère; que me veux- tu?
PHILIBERT CADET
Comme tu me traites durement! Ce que je ta veux? Je viens te laire une querelle.
PHILIBERT aInÉ.
A moi I
S70 LES DBUX PHILIBERT.
PHILIBEaT GADBT.
Un sage, un philosophe, déméDager sans avertir personne I C'est bon pour nous autres, aimables vauriens. Qu'en résulte-t-il? Hier soir, je donne un souper délicat, trop délicat, puisque lorsqu'il s'agit de payer, je me trouve dénué de fonds. J'étais un peu gai, et ma foi j'ai trouvé plaisant de prendre ton nom et ta qualité. Ce matin, par procédé, je veux te prévenir, et il me faut courir jusqu'au Doulevard des InvaJides pour te trouver. Heureusement j'ai une affaire qui m'amène dans ce' quartier : oui, je viens chercher un homme à qui mon ami Saiomon a dû me recodimander. Mais vois à (juoi tu m'exposes, à quoi tu t'exposes toi-même ; si le traiteur va te chercher à ton an« cien domicile?...
PHILIBERT AtNé.
On s'y est présenté.
PHILIBERT GADBT.
Vois-tu?
PHILIBERT A.iNÉ.
On est venu me relancer ^squ'ici.
PHILIBERT GADBT.
Déjà?
PHILIBERt âInÉ.
Et j'ai payé.
PHILIBERT CADET
Tu as payé ! tu as bien fait. J'en suis enchanté pour ces bonnes gens; car, suivant toute apparence, je les aurais fait attendre. Tu as payé, mon frère! voilà un trait! j'en pleure d'attendrissemeat et de reconnaissance. Mais je suis accoutumé à tes belles actions.
PHILIBERT AÎNé.
N'as-tu pas honte de mener ainsi une vie d'aventurier? Sans reproche, ne devrais-je pas être las de venir à ton secours ? Tu n'as pas pu rester même au miaistère auquel je suis attaché. Tu crois te justifier en disant que tu as une mauvaise tête et un bon cœur. Belle excuse 1 c'est celie de tous les gens qui se conduisait mal. J'ai une mauvaise tètç, donc j'ai ua bon cœur. Très mauvaise conséquence. Oui, tu es bon; je lésais, moi; mais ceux qui ne te connaissent que par tes folies, ne sont-ils pas en droit d'en douter ? Que leur im-
▲GTB I, 80ÂNB XI, 971
porte, d'ailleurs, que tes fautes viennent de méchanceté ou d'étourderie?... Mais, qu'est-ce q[ue je fais ? Ce que je te dis là, je te l'ai dit cent fois ; je devrais être bien gnéri de la manie de te prêcher : je me tais.
PHIUBBRT GADBT.
Non, parle, continue, continue, mon cher frère ; tu as raison ; je ne suis ton cadet que d'un an, et je parais plus vieux que toi ; et combien je me trouve en arrière de ta réputation et de ta fortune ! Gela me fait honte. Gomoien de fois ne m'est-il pas arrivé, en me faisant annoncer quelaue part, d'entendre qu'on se disait : « Monsieur Philibert; est-ce l'homme de mérite? — Non, c'est son frère. » Tu conviendras que c'est fort désagréable. Mais tu ne m'écoutes pas.
PHILIBERT aInÉ.
Parle, parle toujours, je t'entends de reste.
{Philibert aîné se promène, t'assied sur un banc devant sa porte, écrit sur ses tablettes,)
PHILIBERT CADET
Veux-tu que je te dise ? tout le mal vient de ce que j'ai été gâté par ma mère, tandis que mon
Î>ère te faisait élever admirablement dans un colège de Paris. Après tout, ces emplois que tu m'avais obtenus, je ne les ai plus : est-ce un si grand malheur? Je ne veux plus de place. Il me faut une existence libre, activé, indépendante. Je veux faire des affaires. Oui, mon ami, des affaires de courtage et de commission, mais en grand, d'une manière vaste et avantageuse à mes concitoyens. J'ai déjà commencé. L'homme que je viens chercher dans cette rue précisément, peut ra'être très utile ; et tiens, chez ce traiteur, hier... c'était un petit souper de spéculation. Nous avions la maltresse du commis d'un gros négociant... Gela nous a coûté cher, parce que ces femmes aimables... c'est gourmand et fort exigeant en fait de bonne chère. Mais j'ai jeté là les fondements d'une affaire... Tu verras, tu verras. Je ferai fortune, je serai riche, très riche, et alors... Ah Dieu I il me serait si doux de reconnaître ce que tu as fait pour moi ! Je te dois tant ; je te dois tout. Ëprouve quelque malheur seulement ;
Votre fili drait voir <
Oui vraii.
Bien, m< suivez les n
Ne pour lettre?
Chut! voi
GASPARD , 1
VALBi
II est incri quand on pa sont à boire irous autres, Gaspard? M. c'est égal, tu la diligence.
lillons, six ci passe? C'est
Rta^re hoi'