SCÈNE III. 4Sè
aT4^ir passé quinze ou vingt ans de ma vie dans les études d'avoués et de notaires de Paris, me voilà clerc de M. Jacquillard, notaire de ce bourg. C'est une retraite... la retraite n'est pas brillante.
AiB : J* avais écrit une lettre.
Mon avare de notaire
Me loge petitement,
Me donne un léger salaire,
Et me nourrit sobrement ;
Mais dans sa triste bicogue,
Pour échapper à l'ennui,
Secrètement je me moque
De ses clients et de lui.
Puis, Je persifle, je raille
Tous les habitants du lieu :
Par mes soins on se chamaille,
C'est un vrai plaisir de dieu.
Je guette, je suis, j'éclaire
Les porteurs de billets doux,
Trop heureux quand je puis faire
Manquer quelques rendez-vous.
Tous les jours à ma fenêtre.
Posté dès le point du jour,
Tous ceux que je vois paraître
Sont habilles tour à tour ;
Dans la rue et sur la place.
D'ici, sans être aperçu,
Je vois tout ce qui se passe,
Et je ris comme un bossu. {Bis,)