‹ Théâtre choisi;Chapitre 126 sur 150 · CLITANDRE, LUBIN · texte numérisé non relu

CLITANDRE, LUBIN

CLITANDRE

La nuit est avancée, et j’ai peur qu’il ne soit trop tard. Je ne vois point à me conduire. Lubin?

LUBIN

Monsieur.

CLITANDRE

Est-ce par ici?

Je pense que oui. Morgué! voilà une sotte nuit, d’être si noire que cela !

CLITANDRE

Elle a tort assurément; mais, si d’un côté elle nous empêche de voir, elle empêche de l’autre que nous soyons vus.

LUBIN

Vous avez raison; elle n’a pas tant de tort. Je voudrais bien savoir, monsieur, vous qui êtes savant, pourquoi il ne fait point jour la nuit?

CLITANDRE

C’est une grande question, et qui est difficile. Tu es curieux, Lubin?

LUBIN

Oui. Si j’avais étudié, j’aurais été songer à des choses où on n’a jamais songé.

CLITANDRE

Je le crois. Tu as la mine d’avoir l’esprit subtil et pénétrant.

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