‹ Théâtre choisi;Chapitre 90 sur 150 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

pris ce que je voulais, et qui m’a fait parler à sa maîtresse.

GEORGE D ANDIN, à part.

Ah ! coquine de servante !

LUBIN

Morguienne! cette Claudine-là est tout à fait jolie; elle a gagné mon amitié, et il ne tiendra qu’à elle que nous soyons mariés ensemble.

GEORGE DANDIN

Mais quelle réponse a faite la maîtresse à ce monsieur le courtisan?

LUBIN

Elle m’a dit de lui dire... Attendez, je ne sais si je me souviendrai bien de tout cela: qu’elle lui est tout à fait obligée de l’affection qu’il a pour elle; et qu’à cause de son mari, qui est fantasque, il garde d’en rien faire paraître; et qu’il faudra songer à chercher quelque invention pour se pouvoir entretenir tous deux.

GEORGE DANDIN, à part.

Ah ! pendarde de femme !

Tétiguienne! cela sera drôle, car le mari ne se doutera point de la manigance; voilà ce qui est de bon, et il aura un pied de nez avec sa jalousie. Est-ce pas?

GEORGE DANDIN

Cela est vrai.

LUBIN

Adieu. Bouche cousue, au moins. Gardez bien le secret, afin que le mari ne le sache pas.

GEORGE DANDIN

Oui, oui.

LUBIN

Pour moi, je vais faire semblant de rien.

GEORGE D ANDIN

Je suis un fin matois, et l’on ne dirait pas que j’y touche.

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