‹ Théatre choisiChapitre 113 sur 471 · ACTE m, SCENE IX · texte numérisé non relu

ACTE m, SCENE IX

NÉRINE

C'est un nommé Pasquin, le valet du fils de la maison.

CRISPIN

Fût-il le valet de Belzébut, je lui couperai les oreilles 1 Est-il jaloux ?

NÉRINE

Comme un tigre.

CRISPIN

TanI -mieux, je veux le brûler à petit feu jusqu'à ce que je l'assomme.

NÉRINE

Tu me fais trembler.

CRISPIN

Mais, dis -moi, mon adorable, avais-tu le diable au corps pour te presser si fort?

NÉRINE

Tu ne me donnais point de tes nouvelles ; c'est ta faute.

CRISPIN

Moa maître me l'avait défendu , il craignait fii^on ne découvrit son mariage, si on pouvait sa- ^(Ar.ùù nous étions.

Que veux-tu? La faute en est faite. Ton absence me désespérait. Je séchais sur pied; je te croyais perdu ; et il ne me fallait pas moins qu'un mari pour me consoler de ta perte.

CRISPIN

Le bon cœur de fille l Tu me perces l'âme. 0 sort cruel l

nérine; 0 fortune traîtresse !

CRISPIN

Fallait-il crever deux chevaux en chemin, pour la trouver entre les bras d'un maroufle !

NÉRINE

v Fallait-il céder à la rage d'être mariée, pour m'en mordre les doigts de si bon cœur! Va-t'en, je ne puis plus soutenir tes plaintes ni tes reproches.

CRISPIN

AdieUyje vais traîner une mourante vie... jusqu'à

ce que je puisse t'épouser en secondes noces.

NÉRINE

Va, je te donne ma foi que ce sera le plus tôt que je pourrai. Touche là.

CRISPIN

De tout mon cœur.

Adieu, trop aimal)le et trop malheureux Gritpin.

CRISPIN

Adieu, trop impatiente et trop friande Nérine.

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