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LA COMTESSE, ANGÉLIQUE, VALÈRE, PASQUIN

LA COMTESSE

Réjouis- loi, ma fille, je t'apporte une grande nouvelle. Je viens de gagner mon procès. Te voilà, présentement, un des plus riches partis de notre province.

ANGÉLIQUE

Je m'en réjouis plus par rapport à vous, que par rapport à moi-môme.

LA COMTESSE

On vient de me proposer un grand mariage pour vous, ma chère enfant : et si je n'avais pas pris des engagements avec Lisimon, je serais bien tentée de l'accepter. Vous épouseriez un jeune homme aimable, presque aussi noble que vous, aussi riche que Monsieur, et sans lui faire tort, bien plus sage que lui. Mais encore une fois, je ne veux point rompre vos engagements, ni forcer vos inclinations.

ANGÉLIQUE

Nos engagements ne sont point si forts, qu'on ne puisse les rompre facilement; et pour ce qui est de mon inclination, Madame, j'ai tant de raisons de croire qu'elle est mal placée, que je n'aurai pas beaucoup de peine à la vaincre.

l 'i \ l'obstacle imprévu.

LA COMTESSE

Parlez- VOUS tout de bon, ma fille?

ANGÉLIQUE

Oui, je vous le proteste.

LA COMTESSE

Adieu, mon petit mignon, je prends congé de vous. Faites-lui la révérence, ma fille, et donnezlui très humblement le bonsoir. Vous pouvez disposer de votre mérite, comptez que nous n'y mettrons point l'enchère.

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