ARISTE, MÉLITE, CÉLIANTE, DAMON
ARISTE, à Mélite,
Non, ne me faites point une telle demande. Ayez le procédé que je vous recommande : Remettez-vous, de grâce, et retenez vos pleurs.
MÉLITE
Quoi! prête d'essuyer le plus grand des malheurs, Vous voulez que je sois et muette et tranquille?
Ah ! je vais devenir la fable de la ville.
EAMON.
De quoi s'agit-il doQC?
MÉLITE
Son oncle est arrivé.
CKLIANTE.
Voyez le grand malheur! Quant à moi, j'ai trouvé Le moyen le plus prompt pour vous tirer d'afiaire; Et cela tout d'un coup.
ARISTB.
Voyons. Que faut-il faire?
CÉLIANTE.
Lui dire, sans tenir d'inutiles propos,
Qu'il s'aille promener, et vous laisse en repos. ,
ARISTE
J'attendais ce conseil d'une aussi bonne tète.
MÉLITE
Mais vous ne savez pas le tourment qu'il m'ap- Ma sœur? [prête,
CÉLIANTE.
Et quel tourment?
MÉLITE
Il veut le marier.
CÉLIANTE, riant.
Tout de bon? Ce trait-là me paraît singulier.
MÉLITE
Et déplus...
CÉLIANTE.
Écoutons. Cette histoire est divine.
MÉLITE
Il est allé chercher celle qu'il lui destine. Une enfant de treize ans, belle comme le jour.