ARISTE, MÉLITE, CÉLIANTE, FINETTE
MÉLITE, à Ariste,
Ciel! que dois-je augurer du trouble où je vous
ARISTE, agité, [vois?
Ici fort à propos vous venez toutes trois.
(d Mélite,) Ma femme, désormais vous serez satisfaite.
MÉLITE
En quoi?
ARISTE
Notre union cesse d'être secrète;
Et grâces à vos soins, à votre empressement, De toutes parts enfin on m'en fait compliment.
Quoil vous osez me faire une telle injustice? Si je vous ai trahi, que le ciel me punisse !
ARISTE
Vous verrez que c'est moi qui me serai trahi : Car Finette, à coup sûr, m'a trop bien obéi' Pour avoir laissé même entrevoir le mystère. Et pour ma belle-sœur, qui sait l'art de se tairo, Que dis-je? qui le porte à sa perfection, Je n'ai qu'à me louer de sa discrétion.
CÉLIANTE.
Il est pourtant certain, malgré vos railleries, Que je n'ai dit 4e fait qu'à six de mes amies.
FINETTE
Et moi, qu'à deux ou trois de mes meilleurs amis. Qui n'en auront rfén'^dît^'càr ils me l'ont promis. En les mettant ainsi de notre confidence, Je les engageais tous à garder le silence.
MÉLITE
Ah! cessez de railler, de grâce, et dites-nous...
ARISTE
Eh bien! sans plaisanter, je prends congé devons. Adieu, ma femme.
MÉLITE
0 ciel! je n'y pourrai survivre.
Ariste, ou demeurez, ou laissez-moi vous suivre.
ARISTE
Vous me suivrez aussi : soyez prête au départ. Dans peu quelqu'un viendra vous trouver de ma part. Et nous nous reverrons dans un séiour tranquille, Où j'ai fixé le mien. Je renonce à la ville; Voyez si vous pouvez y renoncer aussi, Et n'espérez jamais de me revoir ici,
CÉLIANTE.
Eh quoi! pour un mari vous serez complaisante Jusqu'à vouloir pour lui vous enterrer vivante?
MÉLITE- (à Ariste,)
Oui ma sœur. Je ferai tout ce que vous voudrez. Je trouverai Paris partout où vous serez.