ACTE I, SCÈNE VIII
Oui, 8Î VOUS nous quittez, je mourrai de douleur. Vous savez mon dessein.
LISETTE
Il ferait mon bonheur.
S'il pouvait s'accomplir; mais il est impossible. Je sens de vous à moi la distance terrible. Un mariage en forme est ce que je prétends. Vous me le promettez; mais en vain je l'attends. Chaque jour, chaque instant détruit mon espérance. Vos parents sont puissants; une fortune immense Doit vous faire aspirer aux plus nobles partis : Jugez si vous et moi nous sommes assortis.
L'amoup assortit tout, et mon âme ravie Trouve en vous ce qui fait le bonheur de la vie.
LISETTE
Songez que je n'ai rien, et ne sais d'où je sors.
VALÈRE
Esprit, grâces, beauté, ce sont là vos trésors. Vos titres, vos parents.
LISETTE
Vous flattez-vous, Valère, De faire à notre hymen consentir votre père?
VALÈRE
Nous nous passerons bien de son consentement.
LISETTE
Oui, vous; mais non pas moi.
VALÈRE
Je puis secrètement...
LISETTE
Non, non, ne croyez pas qu'un vain espoir m'endor- Je vous l'ai dit, je veux un mariage en forme ; [me Et me garderai bien de courir le hasard...
VALÈRE
Vous n'avez rien à craindre; et... Que veutcevieil-
LiSETTE. [lard?
Tout pauvre qu'il paraît, sa sagesse est profonde. Et c'est le seul ami qui me reste en ce monde. Depuis près de deux ans, cet ami vertueux, Sensible à mes besoins, empressé, généreux, Fait de me secourir sa principale affaire : Je trouve en sa personne un guide salutaire. Laissez-nous un moment, s'il vous plaît.
VALÈRE
De bon cœur.
Mais revenez bienlôl. me joindre chez ma sœur.