‹ Théatre choisiChapitre 281 sur 471 · ISABELLE, LE COMTE, LISETTE · texte numérisé non relu

ISABELLE, LE COMTE, LISETTE

ISABELLE

Vous traitez vos rivaux avec bien du mépris.

LE COMTE

Personne, selon moi, n'en doit être surpris. Je n'ai pas de fierté ; mais, à parler sans feinte, Je suis choqué de voir qu'on m'oppose Philinte. Un rival comme lui n'est pas fait, que je crois. Pour traverser les vœux d'un homme tel que moi.

ISABELLE

D'un homme tel que moi l Ce terme-là m'étonne : Il me paraît bien fort.

LE COMTE

C'est selon la personne.

Je conviens avec vous qu'il sied à peu de gens, Mais je crois que Ton peut me le passer.

J'entends.

Le ciel vous a fait naître avec tant d'avantage. Que tout le genre humain vous doit un humble

LE COMTE. [homma^.

Comment donc? D'un rival prenez-vous le parti?

ISABELLE

Non pas; mais à présent que mon frère est sortît Souffrez que je vous parle avec moins de contrainte, Et blâme vos hauteurs à l'égard de Philinte.

LR COMTE.

Ah ! j'attendais de vous un plus juste retour, Et ma vivacité vous prouve mon amour.

ISABELLE. [croire.

Dites votre amour-propre. Ouî^ tout me le fait Vous avez moins d'amour que vous n'avez de gloire.

LE COMTE

L'un et l'autre m'anime, et la gloire que j'ai Soutient les intérêts de l'amour outragé. Elle n'a pu souffrir l'indigne préférence Dont j'étais menacé même en votre présence.

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