SCÈNE I
Vous régnassiez sur la machine ronde
Pendant l'espace de trois mois.
Dans les premiers âges du monde.
Chacune de vous quatre a joui de ses droits Avec une équité comparable à la nôtre; Et nulle n'a tenté d'empiéter sur l'autre. Le Printemps produisait les feuilles et les fleurs ; L'Eté comblait toujours l'espoir des laboureurs ; L'Automne, de ses fruits, de sa liqueur charmante, Donnait exactement la récolte abondante;
Et l'Hiver, par ses noirs frimas
Et par son utile froidure,
Faisant reposer la nature.
Des impures vapeurs purgeait tous les climats. Par vos dissensions maintenant aveuglées,
Vous êtes toutes déréglées ;
Et l'on ne voit plus de Printemps,
Que dans quelques fades romans.
La saison de l'Eté, couverte de nuages.
Est froide, ou fécondejen orages ; [mains, L'Automne, au grand regret des malheureux hu- Parait, depuis deux ans, sans porter de raisins;
Et l'Hiver, faisant 1 agréable, Laisse couler les eaux en pleine liberté, Et prive les mortels du plaisir délectable
De boire frais pendant l'été.
Jupiter, contre vous justement irrité, Veut que vous rentriez chacune en vos limites.
Et qu'avec régularité [crites.
Vous observiez les lois qu'il vous avait près-