‹ Théatre choisiChapitre 322 sur 471 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

Que le Printemps adoucît ma rigueur.

Depuis que de superbes villes,

Rassemblant les humains, leur ont serri d'asiles Contre la plus âpre froideur,

La saison des frimas est pour eux la plus belle :

Les plaisirs et les jeux annoncent mon retour, Et jusqu'à la saison nouvelle, Tout rit à la ville, à la cour.

Je fais cesser la guerre et ses tristes alarmes ;

Je donne tous les jours des spectacles nouveaux, Et mon temps a bien plus de charmes Que n'en ont les jours les plus beaux.

l'été.

Oui, par une indulgence outrée.

Pour de faibles mortels livrés à leurs désirs, Elle. éternise sa durée.

Pour éterniser leurs plaisirs.

MERCURE

Ce désordre est intolérable. [droits :

11 faut que tes trois sœurs rentrent dans tous leurs Tel est de Jupiter l'arrêt irrévocable.

l'hiver.

Eh bien ! pour observer ses lois, Nous ne nous ferons plus la guerre.

Maïs, dès que le Printemps rajeunira la terre, Sitôt qu'on sentira les chaleurs de l'Eté, La plupart des mortels s'enfuyant loin des villes, Redeviendront grossiers, farouches, indociles : Plus de commerce entre eux, plus de société.

MERCURE

Tu les rassembleras aussitôt que l'Automne De son divin nectar aura rempli la tonne.

l'hiver.

Mon cours sera trop limité Pour réparer le mal qu'aura fait mon absence.

MERCURE

Je vais punir ta vanité,

Et te prouver que ta présence

N'est point nécessaire aux plaisirs.

Et qu'ils peuvent régner avec les doux Zéphirs.

Oui, tes aimables sœurs, que ton orgueil irrite,

Vont avoir, comme toi, tous les jeux à leur suite ;

Et, fixés par mes soins dans ce fameux séjour. Ils n'attendront plus ton retour.

Ame de l'univers, Amour, source féconde Des plaisirs, des ris et des jeux, Par l'ordre du maître du monde.

Viens les rassembler en ces lieux ; Prends soin qu'ils y régnent sans cesse. Qu'ils en fassent toujours la gloire et rornement, Et que chaque Saison, mère de l'allégresse, Les y présente également.

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