‹ Théatre choisiChapitre 360 sur 471 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

LA BARONNE

Est-ce que tu crois que je gouverne mon mari?

LÉANDRE

Si vous le gouvarnez? Vous Ty faites, morgue, voir des étoiles en plein midi, fatigué, que vous êtes futée!

LA BARONNE

Moi?

LÉANDRE

Ah! Ah ! je VOUS admire queuquefoîs. Vous n'êtes jamais tant la maîtresse, que quand vous faites semblant de ne l'être pas. Vous ne dites pas : je veux ; mais vous faites vouloir. Vous savez que Monsieur le Baron est glorieux ; vous Ty laissez les airs de maître, et vous en avez tout le pouvoir.

LA BARONNE

Qu'on me dise, après cela, que les paysans sont des sots ! Y a-t-il personne au monde qui raisonne plus finement que ce drôle-là? Oh çà, puisque tu as de l'esprit, je veux que tu me parles librement, cela me divertit; et d'ailleurs tes discours sont sans conséquence. Dis-moi un peu : tu n'approuves donc pas que je donne ma fille à monsieur des Mazures?

LÉANDRE

Non, morgue, je ne l'approuve pas !

Ah! vraiment il n'a garde! Depuis que vous voulez marier votre cousin à, mademoiselle Angélique, Nicolas est devenu de si mauvaise humeur, qu'il n'y a pas moyen de vivre avec 11.

LA BARONNE

Cela est admirable! Et de quoi vous mêlezvous?

LÉANDRE

C'est que je sis amoureux. . .

LA BARONNE, en colère.

De n\a fille?

LÉANDRE

Non, de votre honneur. Tout le monde se moquera de vous, si vous faites ce mariage-là.

LA BARONNE, en riant.

Je vous dis qu'il faudra que je le consulte pour disposer de ma fille !

LÉANDRE

Morgue, vous n'en seriez pas plus mal! Si vous me consultiez, je sais bian à qui vous la bailleriez.

l'olive.

Et moi aussi.

Et à qui?

LÉANDRE

A celui qu'aile aime, et non à celui qu'aile n'aime pas.

LA BARONNE

Oh! Oh ! tu me parais bien instruit! Est-ce que ma fille t'a choisi pour son confident?

LÉANDRE

Non. Mais je bouterais ma main au feu, qu'aile est enragée d'épouser monsieur des Mazures ; et aile n'a pas tort.

LA BARONNE

Elle n'a pas tort?

LÉANDRE

Non, voirement. Il n'y a pas pus d'une heure que je connais votre cousin, et je ne pis le souffrir, moi qui vous parle. Sa phylosomie m'a choqué, d'abord, je vous le dis tout net ; et je me sis, morgue, bian aperçu que mademoiselle Angélique en était encore plus choquée que moi.

LA BARONNE

Cela n'importe ; je veux qu'elle l'épouse.

LÉANDRE

Oh ! vous voulez, vous voulez ; ça est bian aisé à dire, mais ça n'est pas encore fait, je vous en avartis.

LA BARONNE

Non; mais cela sera fait ce soir, indubitablement.

Ça causera du charivari, je vous le prédis.

LA BARONNE

Je me moque de tout ; il faut qu'elle obéisse.

LÉANDRE

Et si aile ne le peut pas? Ne m'avez-vous pas dit, maîtrePiarre, que vousl'y avez entendu parler avec mademoiselle Babet, d'un certain monsieur

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