LE COMTE, LA COMTESSE, M. DES MAZURES, LE PRÉSIDENT, LA PRÉSIDENTE
Que vois-je?
LA PRÉSIDENTE
Ah! mon cher époux, que vous venez à propos !
LE COMTE
Très mal à propos, au contraire. Qui diable vous demande ici ? Qu'y venez-vous faire ?
LE PRÉSIDENT
Comment, ce que j'y viens faire? Embrasser ma chère épouse I
LE COMTE
Eh bien, embrassez la mienne !
M. DES MAZURES.
Voici une voie d'accommodement.
LE PRÉSIDENT
Morbleu! Monsieur, je n'entends point de raillerie là-dessus ; et je vous ferai voir que ce n'est pas à gens comme nous qu'il faut vous jouer I
LE COMTE
Eh fil vous jurez, Monsieur le Président ! Ah, qu'il vous sied mal d'être jaloux!
LE PRÉSIDENT
Ventrebleu, cela me sied aussi bien qu'à vous, monsieur le Comte !
LE COMTE
11 y a de la différence; nous ne sommes pas patients, nous autres gens d'épée ;mais un homme de robe doit se posséder, et voir tout, sans sortir de sa gravité.
LE PRÉSIDENT
Il n'y a point de gravité qui tienne contre des offenses de cette nature; et j'en veux avoir raison.
LE COMTE
Oh! volontiers: suivez-moi. Mais, à propos, vous n'avez point d'épée? Prenez celle de M. desMazures ; aussi bien ne s'en sert-il pas.
M. DES MAZURES, à la comtesse.
Je VOUS sacrifie toutes les insultes qu'il me fait.
LA COMTESSE
Je m'en souviendrai.
LE PRÉSIDENT
Ce n'est pas avec l'épée que je me bats ; c'est avec la plume. Nous ferons des écritures, Monsieur le Comte! Nous ferons des écritures l
LE COMTE
Et moi, je ferai tapage, Monsieur le Président, je ferai tapage, si vous m 'échauffez les oreilles!