ACTE III, SCÈNE XV
LE COMTE
£t VOUS ferez bien ; car nous venons de voir un jeune gentilhomme à qui votre présence a l'honneur de déplaire autant qu'à moi. Je vous conseille de lui céder la place de bonne grâce, sinon il vous prépare un impromptu qui ne vous plaira pas, je vous en avertis.
M. DES MAZURES.
Je vous promets que nous n'aurons point de différend.
LE BARON
Ma fille, écoutez bien ce que je vais vous dire. Je vous défends d'épouser monsieur des Mazures, et point de réplique, s'il vous plaît.
ANGÉLIQUE
Je ne répondrai que pour vous assurer que j'observerai votre défense.
LE BARON
Bien répondu. Je vous ai choisi un autre mari, que je vous commande d'épouser dès ce soir.
ANGÉLIQUE
Hélas I Tout ce qu'il vous plaira, mon cher père.
LA BARONNE
Oserait-on vous demander qui est cet autre mari, dont vous avez fait choix pour elle?
LE BARON
C'est un garçon fort noble, fort riche, bien bâti, de bonne mine, de beaucoup d'esprit...., qui s'appelle Nicolas.
LA BARONNE
Nicolas? Mon garçon jardinier? Voilà un beau projet !
C'est pourtant lui-même. Oui, Madame, Nicolas, autrement dit, Léandre.
LA BARONNE
Nicolas, autrement dit Léandre? Ils sont encore si ivres, qu'ils ne savent ce qu'ils disent.
LE BARON
Mon Dieu, nous nous entendons fort bien, madame la Baronne : Léandre et Nicolas, c'est comme qui dirait. «.. blanc bonnet, et bonnet blanc.
LA BARONNE
Je ne comprends rien à tout ce galimatias.
LE COMTE
Tenez, voici un jeune homme qui va vous l'expliquer.