‹ Théatre choisiChapitre 41 sur 471 · L*ÉPINE · texte numérisé non relu

L*ÉPINE

Monsieur, sans vanité, nous sommes assez bien campés sur nosjainbes.

(il tombe sur Oronte.) ORONTE.

Pas trop bien, à ce qu'il me paraît.

NÉRINE

Ils sont si ivres tous deux, qu'ils n*ont pas la force de former un pas. Je vous avais bien prédit que cela arriverait.

l'épine.

Franchement, monsieur Oronte, vous avez bien le meilleur vin qui soit dans Paris; et, si je n'étais pas aussi sobre que je suis, je m'en serais donné jusqu'aux gardes.

11 me semble que vous ne l'avez pas trop épargné.

l'épine.

C'est pour vous mieux divertir. Le vin me donne une force, une souplesse... Voulez-vous danser une petite entrée avec moi, monsieur Oronte ?

ORONTE

Non, mon enfant, vous ferez mieux d'aller dormir, en attendant que la compagnie soit venue.

l'épine.

Vous êtes un homme de bon conseil. Tope à dormir!

ORONTE

Je crois que l'autre n'est pas si ivre que celuici, car il ne dit mot.

l'épine.

11 n'en pense pas moins. Mon maître a le vin triste.

ORONTE

Comment donc, son maître !

l'épine.

Eh oui, parbleu! Je ne suis que son prévôt, afin que vous le sachiez. C'est le premier homme du monde ; et, si vous voulez, il montrera à daoser à mademoiselle votre fille.

ORONTE

Serais-tu dans le goût d'apprendre de lui?

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