‹ Théatre choisiChapitre 52 sur 471 · VALÈRE, ISABELLE, NÉRINE, PASQUIN · texte numérisé non relu

VALÈRE, ISABELLE, NÉRINE, PASQUIN

ISABELLE

Ah! mon frère, que j'ai besoin de votre secours !

VALÈRE

Ah ! ma sœur, que j'ai besoin de vos conseils !

ISABELLE

• Mon père me met au désespoir.

VALÈRE

Mon père me veut faire mourir de douleur.

ISABELLE

Il prétend que j'épouse monsieur Michaut.

VALÈRE

11 veut que je me marie avec la vieille comtesse.

ISABELLE

11 faut que je périsse, si je lui obéis .

Il faut que j'expire, si je ne lui résiste pas.

Voilà qui débute bien. Jusqu'ici vos fortunes sontpareilles, ne se ressemblent-elles pointencore par d'autres circonstances?

VALÈRE

Ah ! Nérine, ma sœur est moins à plaindre que moi : si elle n'a pas la force de résister, elle en seraquitte pour vivre quelque temps malheureuse, avec un mari qu'elle sera en droit de haïr ; mais mon sort est si cruel, que je ne saurais suivre les ordres de mon père, ni lui déclarer les i aisons qui m'en empêchent.

NÉRINE

Nous sommes dans le même cas,

VALÈRE

Comment donc?

NÉRINE

Expliquez-vous un peu plus clairement, et nous nous rendrons plus intelligibles.

ISABELLE

Mon frère, ne me déguisez rien, je vous en conjure.

VALÈRE

Ah! ma sœur, je n'oserais parler; la moindre indiscrétion me perdrait.

NÉRINE

C*est tout de môme ici; un mot, lâché mal à propos est capable de gâter toutes nos affaires.

ISABELLE

Croyez- vous, mon frère, que je sois capable de vous tVahir ?

VALÈRE

Puisqu'il faut ne vous rien celer, ma sœur

Pasquin, dis-lui ce q[ui s'est passé, je n'ai pas la force de l'avouer moi-même.

PASQUIN

Moi, monsieur, révéler un secret ! Vous me prenez pour un autre.

VALÈRE

Tout ce que je vous avouerai en général, c'est que je ne puis plus me marier désormais.

ISABELLE

Hélas I mon frère, il ne m'est pas plus permis qu*à vous de consentir au mariage qu'on me propose.

VALÈRE

La dureté de mon père m'a contraint à prendre de certaines résolutions, dont je ne puis, ni ne veux me dédire.

ISABELLE

La même raison m'a mise dans la nécessité de consenlir à des engagements, que rien ne peut rompre désormais.

VALÈRE

Je suis marié, ma sœur.

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