‹ Théatre choisi; nouvelle édChapitre 114 sur 369 · SCÈNE II LES MÊMES, ARBAN · texte numérisé non relu

SCÈNE II LES MÊMES, ARBAN

Hélas! Seigneur, Cléandre, à la fin de son âge...

Hélas!

ARBAN.

A devancé celle de son message :

D'un mal inopiné surpris sur le chemin, Et sentant que sa vie était près de sa fin, Il me mit en la main les papiers que j'apporte, Et d'une faible voix me parla de la sorte : « Cher Arban, me dit-il, j'ignore comme toi Où tend mon ambassade et quel est mon emploi : Car il m'est défendu, par ordre exprès du prince, D'en voir l'instruction que hors de la province ; Sa défense et mon mal ne me permettent pas Ni de l'ouvrir ici, ni d'avancer mes pas : Retourne donc à Bude, et, secret et fidèle, Du trépas que j'attends porte-lui la nouvelle. » La mort trancha sa vie avecque ce discours, Et ne fut à son mal que l'œuvre de six jours.

ORANTÉE, à Laure.

Tu vois comme un malheur a trahi mon attente ; Ce message empêchait le départ de l'infante : Mais l'hymen, dont le nœud nous a joints cette nuit, Aura la force au moins d'en empêcher le fruit. Adieu: n'oublions rien en l'importante adresse Où nous avons recours au besoin qui nous presse.

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