SCÈNE V ÉRASTE, ÉROXÈNE
Le ciel, belle Éroxène, Vous comble d'autant d'heur et de prospérité Que sur votre visage il a mis de beauté !
ÉROXÈNE.
Le même ciel, perfide, ou te comble ou t'accable De tous les châtiments dont un traître est capable!
ÉRASTE
De quelle injure, hélas ! payez-vous mes souhaits?
éroxène.
Retire-toi, perfide, et ne me vois jamais.
(Elle sort.) ÉRASTE, seul.
Quel courroux, juste ciel ! quelle fureur l'enflamme ? Quel tigre est si cruel que la plus belle femme, Quand de quelque façon, ou de quelque dépit, Ou l'amour ou la haine altère son esprit ? Quelqu'un m'aurait-il pu desservir auprès d'elle, Et lui rendre suspecte une ardeur si fidèle ? Ce sexe est plus que l'air et léger et mouvant, Et qui conçoit de l'air ne produit que du vent.