SCÈNE III DIOCLÉTÏEN, MAXIMIN, VALÉRIE, CAMILLE
PLANCIEN, GARDES, SOLDATS.
(Bruit de tambours et de trompettes.) (Maximin baise les mains de Valérie.)
DIOCLÉTÏEN.
Déployez, Valérie, et vos traits et vos charmes ;
Au vainqueur d'Orient faites tomber les armes ;
Par lui l'empire est calme et n'a plus d'ennemis.
Soumettez ce grand coeur qui nous a tout soumis ;
Chargez de fers un bras fatal à tant de têtes,
Et faites sa prison le prix de ses conquêtes.
Déjà par ses exploits il avait mérité
La part que je lui fis de mon autorité ;
Et sa haute vertu, réparant sa naissance,
Lui fit sur mes sujets partager ma puissance.
Aujourd'hui que, pour prix des pertes de son sang,
Je ne puis l'honorer d'un plus illustre rang,
Je lu dois mon sang même, et, lui donnant ma fille,
Lui fais part de mes droits sur ma propre famille.
(A Maximin.)
Ce présent, Maximin, est encore au-dessous Du service important que j'ai reçu de vous ; Mais, pour faire vos prix égaux à vos mérites, La terre trouverait ses bornes trop petites ; Et vous avez rendu mon pouvoir impuissant. Et restreint envers vous ma force en l'accroissant.
MAXIMIN
La part que vos bontés m'ont fait prendre en l'empire
N'égale point, Seigneur, ces beaux fers où j'aspire.
Tous les arcs triomphants que Rome m'a dressés
Cèdent à la prison que vous me bâtissez ;
Et, de victorieux des bords que l'Inde lave,
J'accepte, plus content, la qualité d'esclave,
Que, dépouillant ce corps, vous ne prendrez aux ci eux
Le rang par vos vertus acquis entre les dieux :
Mais oser concevoir cette insolente audace
Est plutôt mériter son mépris que sa grâce,
Et, quoi qu'ait fait ce bras, il ne m'a point acquis