SCÈNE I
GENEST, seul et enchaîné.
Par quelle divine aventure,
Sensible et sainte volupté,
Essai de la gloire future,
Incroyable félicité ;
Par quelles bontés souveraines,
Pour confirmer nos saints propos
Et nous conserver le repos
Sous le lourd fardeau de nos chaînes,
Descends-tu des célestes plaines
Dedans l'horreur de nos cachots?
0 fausse volupté du monde, Vaine promesse d'un trompeur !
Ta bonace la plus profonde N'est jamais sans quelque vapeur; Et mon Dieu, dans la peine même Qu'il veut que l'on souffre pour lui, Quand il daigne être notre appui Et qu'il reconnaît que l'on l'aime, Influe une douceur suprême Sans mélange d'aucun ennui.
Entrez.