‹ Théatre choisi; nouvelle édChapitre 331 sur 369 · PALM IRAS · texte numérisé non relu

PALM IRAS

Que, pour vous l'enseigner, lui-même il a commise.

SIROÈS

Par son exemple, hélas ! m'est-elle plus permise, Et me produira-t-elle un moindre repentir ?

Vous ne l'en chassez pas, puisqu'il en veut sortir, Ou que votre marâtre, à mieux parler, l'en chasse, Pour y faire à son fils occuper votre place.

SIROÈS

Il m'a donné le jour.

PALMIRAS.

Il donne votre bien.

SIROÈS

Mais c'est mon père enfin !

PALMIRAS.

Hormisdas fut le sien ; Et, si vous agissez d'un esprit si timide, Gardez d'être l'objet d'un second parricide. Qui n'a point épargné le sang dont il est né Peut bien n'épargner pas celui qu'il a donné.

SIROÈS

0 dure destinée, et fatale aventure !

J'ai pour moi la raison, le droit et la nature;

Et, par un triste sort, à nul autre pareil,

Je les ai contre moi si je suis leur conseil.

Du sceptre de mon père héritier légitime,

Je n'y puis aspirer sans un énorme crime :

Coupable, je le souille; innocent, je le perds ;

Si mon droit me couronne, il met mon père aux fers ;

Et de ma vie, enfin, je hasarde la course,

Si mon impiété n'en épuise la source.

0 mon père! ô mon sang! ne vous puis-je épargner?

Ne puis-je innocemment ni vivre ni régner?

46(5 COSROES.

Et ne puis-je occuper un trône héréditaire

Qu'au prix de la prison ou du sang de mon père ?

PALMIRAS.

Je vois qu'il faut, Seigneur, encor quelques moments

A votre piété laisser ses sentiments.

Mais que vous veut Pharnace ? il vous sert avec zèle.

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