ACTE Vj SCÈNE III
SIROÈS
Contré un di^oit naturel quel përe m'est contraire?
màrcêsane. Quel? le vôtre et le ihieti qui; jiigé dé soin sang, A selon son désir disposé de son rang.
SIROËS.
Il a fondé ce choix dessus vbtrë mérite;
MARDESÂNE.
Je n'ai poirit expliqué là loi qu'il ni' a prescrite.
SIROÈS
Vous exécutez mal là foi tpié tous dbiihéz ; Je voué la tiendrai mieux que vous iië M tetiëz.
MAÈUÉSÀàË.
Généreux, j'àifiië frileux avouer une dfféfise Que, timide et tremblàhtj parler en ma défense.
siMbÈS.
Juste, j'ai pitié de lieu de vous faire ptihir Que, lâche, d'un affront perdre le Sbuvéhir.
MÀRDESÀNÈ;
Vous en vëtigëâht $ au iiibim ; vous ri'aurez pas" là gloire D'avoir été prié d'en perdre là mémoire.
SIROÈS
Vous avez trop de coëiir.
ÉÀRDÈSâNÉ.
Assez pour faii-ë vbir Une grande vèrttc dans un grand désespoir.
siroès1.
Mais il se produit tard.
tàÀRb'ESÀtiE.
Assez tôt pour déplaire A qui, brûlant d'orgueil, voit braver sa cblère. Si vous l'avez pu croire indigne dé mon rang, Prince, c'est faire injure à cèûi de votre sang. Heureux ou malhëtireiix, inribcëiit OU coupable, J'ai tous les sentiments dont vous êtes" capable ; Et, quand j'espérerais fléchir votre è'b'tffrbùx, J'ai trop de votre orgtiéil pour riié soumettre à vbus; L'instant que j'ai tenu la puissance suprême, Et que j'ai sur ce front senti le diadème, M'a donné, comme à Vb'tis, des sentiments de roi, Qui ne se peuvent perdre et Mourront avec moi. Ayant pu conserver, j'eusse ëii peine à vous reiïdre Le sceptre, que, sujet, j'ai hésité été prendre ; Et, roi, j'ai rëcôfifrû <fuë la possession
604 COSROES.
Qui refroidit l'amour, accroît l'ambition.
Vous avez eu plus d'heur comme plus de naissance,
Et nous sommes tombés dessous votre puissance;
Mais, encore étourdi de ce grand accident,
Je garde toutefois un cœur indépendant,
Et, pour me conserver le bien de la lumière,
A votre vanité plaindrais une prière.
SIROÈS
Eh bien, prince, la mort domptera cet orgueil.
MABDESANE.
On ne peut mieux tomber du trône qu'au cercueil ; L'ardeur de commander trop puissamment convie, Pour me la faire perdre en me laissant la vie ; Un cœur né pour régner est capable de tout ; Je n'excepterais rien pour en venir à bout, Pour accomplir en moi les desseins de ma mère, Pour venger ma prison et celle de mon père. Je vous ai respecté, dépouillé de vos droits; Je consentais à peine à vous donner des lois, Et peut-être eussé-je eu la naissance assez bonne Pour venir à vos pieds remettre ma couronne; Mais, après le parti que l'on nous a formé Et le sanglant complot que vous avez tramé Au sensible mépris des droits de la nature, Je ne vous cèle point que, si quelque aventure Remettait aujourd'hui le sceptre entre mes mains, Pour vous le rendre plus tous respects seraient vains, Et, dépouillant pour vous tous sentiments de frère, Je me ferais justice et vengerais mon père. Voilà tout le dessein que j'ai de vous toucher, Et tout ce qu'à ma peur vous pouvez reprocher ; J'en laisse à décider à votre tyrannie.
SIROÈS
J'inclinais à laisser votre offense impunie; Mais vous vous opposez avec trop de fierté Aux pieux mouvements de cette impunité, Et ménagez trop mal le soin de votre tête. Otez-le, Sardarigue.
MARDESANE.
Allons, la voilà prête.
SIROÈS
Et, pour punir d'un temps l'orgueil désordonné Des yeux si désireux de le voir couronné, Faites ceux de Sira témoins de ce spectacle.