ACTE II, SCENE VI
0 merveilleux trésor de grâce et de vertu ! Que ta conquête est riche, et que la violence Dont on peut t' acquérir est une belle offense ! Que te saurais-je, comte, offrir de précieux? Partage avec moi l'empire de ces lieux ; ^ Divisons entre nous mes biens et nia puissance, Et de cette beauté m'acquiers la jouissance.
LE COMTE
Dieux! quel est ce pouvoir, que Votre Majesté En soit sitôt réduite à cette extrémité ?
LE ROI
Mais quel est son visage, où presque l'abondance Des charmes qu'on y trouve en détruit la créance? Crois-tu qu'il soit possible auprès de tant d'appas De vivre, de les voir et ne les aimer pas? Va, comte, parle-lui, soulage mon martyre ; M'acquérant ses faveurs, tu t'acquiers un empire ; Conduis ma passion au but que je prétends : J'entre en mon cabinet pour t'en donner le temps.
(Il sort.)