‹ Théatre choisiChapitre 112 sur 155 · SCÈNE vn · texte numérisé non relu

SCÈNE vn

SIGISMOND, CXAIKOn, tl KOU BASILB.

les de ne plli^^|

Qu'y a-t-il donc ?

SIGISMOND

Il n'y a rien ; un homme m'ennuyait, je Fai jeté par ce balcon.

CLAIRON (bas à Sigismond).

C'est le roi, il sait tout.

BAsnJ*

Dès le premier jour, votre arrivée coûte déjà la vie d'un homme.

SIGISMOND

Il m'a dit que cela ne se pouvait ; j'ai parié et j'ai gagné.

BASILE

Je suis profondément affligé, prince, en venant vous visiter, et pensant vous trouver plus sage, et vainqueur de la destinée et des étoiles, de vous voîi si cruel ; votre première action ici est un coupable homicide. Avec quelle tendresse pourrais-je maintenant vous tendre les bras, si je sais que vos étreintes funestes ne savent que donner la mort ? Qui p^ut voir nu le poignard qui vient de faire une blessure mortelle? Q.ui peut regarder l'endroit sanglant où un autre homme a perdu la vie, sans être effrayé ? Le plus fort éprouve une émotion naturelle. Moi donc, qui vois dans vos bras l'instrument de ce meurtre, qui ai sous les yeux le théâtre ensanglanté de votre crime, je m*éloigne de vos bras. Qjioique j'eusse le dessein d'enlacer votre cou d'embrassements amoureux, je m'en irai sans le faire, car j'ai peur de vos bras.

. SIGlSilOND.

Je pourrai bien m'en passer comme ie m'en suis passé jusqu'ici. Un père qui sait user contre son tïls d'une telle rigueur, qui m'éloigne de lui pour me I une condition si pénible, qui m'éltve ; bête sauvage, qui me traite comme ua t asfrire après ma mort, il importe peu qu'il ne m'embrasse pas, quand il m'enlève jusqu'à l'être de l'hottune.

Plût à Dieu, que je ne te l'eusse jamais donné I je n'entendrais pas ta voix, je rie verrais pas ton inso-

Si vous ne m'aviez pas donné l'es me plaindrais pas de vous ; nuis ime fois que voui tue l'avez donnée, je me plains que vous me l'syea enlevée. Car à dotmer est une actioc excellente, c'est une honte de donneipauriepren ensuite.

BASILE

Tu me remercies bien d'avcni faitd' cfaétif et misérable un grand priik:e.

Qji'ai-Je à vous remercier en ceci '• liberté, si vous êtes vieux et â&zrif

meurrez que me donneres-TOUiï Al' plus qu'il ne m'appartient? Voua Clmon roi ; donc toute cette

qui me la donne, en vertu de sa loi ; donc, si je fiûs en cet état, je ne suis pas votre obligé, mais je puis vous demander compte du temps où vous m*avez ravi la liberté, la vie et Thonneur. Ainsi, remercier moi de ne pas vous faire payer, car vous êtes mon débiteur.

BASILE

Tu es un insolent et un barbare. Le ciel a accompli sa prédiction, j'en appelle à lui-même, fils orgueilleux et hautain. Mais quoique tu saches qui tu es, que tu sois détrompé, que tu te voies dans une position où tu te mets au-dessus de tous, fais bien attention à ce que je te recommande. Sois hunible et doux, parce que tu es peut-être sous l'empire d'un songe, bien que tu croies être éveillé. (// sort,)

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