‹ Théatre choisiChapitre 127 sur 155 · LE ROI, ASTOLPHE · texte numérisé non relu

LE ROI, ASTOLPHE

La cour du Palais.

BASILE

Qui pourrait être assez adroit, Astolphe, pour arrêter la furie d'un cheval emporté ? Qui pourrait retenir le courant d'un fleuve, qui coule superbe et précipité vers la mer? Qui serait assez fort pour suspendre la chute d'un rocher détaché de la cime d'une montagne ? Eh bien ! tout cela paraît plus facile que d'apaiser le courroux aveugle d'une multitude. Voyez-la dans cette sédition partagée en deux partis. On entend retentir dans les profondeurs des montagnes l'écho répété des noms d' Astolphe et de Sigismond. Cette salle du serment, exposée à une seconde scène, à une scène d'horreur, est le théâtre sinistre, où la fortune ennemie va représenter de nouvelles tragédies.

ASTOLPHE

Seigneur, remettons aujourd'hui cette fête, dit' rons ces démonstrations de joie, ce présent si ;

deux pour moi que votre gracieuse main me promettait. Si la Pologne, sur laquelle j'espère un jour régner, me refuse aujourd'hui son obéissance, c'est parce qu'il faut d'abord que je la mérite. Qu'oa me donne un cheval, et je vais marcher intrépide, comme l'éclair qui annonce la foudre. (// sort.)

BASILE

Il y a bien peu de recours contre les décisions de ce qui est infaillible, et ce qui est prédit court grand risque de s'accomplir. Si l'événement doit arriver, la résistance est impossible. Plus on cherche à le détourner, plus on lui prépare les voies. Dure loi ! Sort funeste ! Malheur horrible I Quiconque s'efforce de fuir le danger vient s'y jeter. Avec les précautions que j'ai prises, je me suis perdu moi-même et j'ai ruiné mon pays.

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