LA STATUE
Écoute, et que, pendant que je parle, les facultés de ton âme s'éveillent, quand celles de ton corps sont endormies. C'est l'Idolâtrie que j'attaque, moi serpent de métal, jusqu'à ce que, pareille au serpent, je meure de mon propre venin. Mais tant que ces lèvres de bronze feront entendre leurs accents, que se taisent ces voix qui sont autant de flatteries jetées au vent. Je suis la Statue que vit Nabuchodonosor, composée de métaux divers avec des pieds d'argile, et qu'une pierre détachée de la montagne du testament, mit en pièces. N'usurpe pas l'adoration qui n'est due qu'au Dieu du ciel, car moi, pour me voir adorer par trois jeunes hébreux, j'allumai la fournaise de Babylone, dans laquelle leur courage fut éprouvé par le feu et ne fut pas vaincu par les flammes. Sidrac, Misach et Abdenago en sont les témoins vivants. Les Dieux que tu adores sont faits de matériaux terrestres ; tu adores le bronze dans Moloch, l'or dans Astaroth, le bois dans Baal, l'argile dans Dagon, la pierre dans Baalin, le fer dans Moab. Vous voyez dans moi le jugement du Dieu suprême, soumettezvous toutes les deux à ma voix sortie du métal ; brisez votre temple de plumes et de statues.
(La statue monte, et la tour descend.)
LA VANITÉ
le festin de balthasar. i53
l'idolâtrie.
Et moi, je gèle.
LA VANITÉ
Devant les rayons d'un autre soleil, s*est arrêté mon essor.
l'idolâtrie.
A la lumière d'une autre foi, je disparais dans les ténèbres. (£//« secacJ)ent touUs dmx.)