‹ Théatre choisiChapitre 153 sur 155 · SCÈNE xvn · texte numérisé non relu

SCÈNE xvn

LES PRÉCÉDENTS, LA MORT diguisSe.

(Elle parle pendant que tous mangent.)

LA MORT

Au festin solennel du roi, je viens en ce momen déguisée, ef puisque je suis cachée et méconnaissable, i*espère pouvoir me mêler à ses serviteurs. Je vois que Balthasar ne s'occupe plus de mon souvenir, entouré qu'il est de ses femmes et des grands de son royaume. Les vases que Salomon consacra au vrai Dieu, dans lesquels ses prêtres célébrèrent leurs sacrifices, couvrent ses buffets. O jugement d'un Dieu éternel ! retire ta main, lâche la mienne, car le poids de ses crimes est rempli par un si grand sacrilège.

BALHASAR.

Donnez-moi à boire.

LA PENSÉE

(Prenant aux plats et mangeant.)

Holà\ oVv, caim^tîc^^X Ts!^xitends-tu pas ? {s^adrO'

LE FESTIN DE JÎAT.THASAR. I$9

sant à LA MORT) Donne à boire au roi, pendant que Je suis occupée à manger.

LA MORT (a part).

On m'a prise pour un serviteur ; je veux lui présenter la coupe ; il ne pourra me reconnaître, car il a perdu la mémoire et la vue. Ce vase de l'Autel renferme la vie, cela est certain, puisqu'il sert au "breuvage et à l'aliment pour procurer la vie ; mais il renferme la mort aussi bien que la vie, c'est un instrument de mort et de vie. Sa liqueur peut être à la fois nectar ou ciguë, thériaque ou poison. (^A j^althasar,) Voici à boire. (BUe s* approche pour lui présenta l^ vase,')

BALTHASAR

Je le prends de ta main. Q.uel vase magnifique !

LA MORT (à pari).

Malheur I Tu ne sais pas ce qu'il contient,

Le Roi boit, levez-vous tous.

BALTHASAR

Glorieux soutiens de mon empire, dans ce vase du Dieu d'Israël, je bois à nos Dieux. Moloch, Dieu des Assyriens, à ta santé. (// hoit lentement,)

LA PENSEE

Nous vous ferons raison, seulement, il me semble que trente mille Dieux, c'est peu ; et je veux faire xflison à tous.

l60 le festin de b^thasar.

l'idolâtrie.

Chantez, pendant qu'il boit.

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