SCÈNE IL
GIL, SUSÈBI.
EUSËBB.
* Je ne sais où aller ; le chagrin donne une h ■ne, et jamais la mort ne vient à celui qui tU Si
de vivre. Julie, je me suis vu dans tes bras, quand j'étais assez heureux pour faire de tes bras de nouveaux liens d'amour. Enfin j'ai renoncé, sans en jouir, au bonheur que je tenais. Ce n'a pas été ma faute, un obstacle plus secret m'a empêché. Car en dominant ma volonté, il m'a forcé à respecter sur ta poitrine la Croix que je porte sur la mienne. Nous sommes nés tous les deux, Julie, avec cette empreinte ; c'est un mystère caché que Dieu seul peut expUquer.
GiL (à part).
Cela me pique trop, je ne puis y tenir.
EUSÈBE
n y a du monde entre ces branches. Qjii vive ?
GIL
Cela se gâte, malgré mon stratagème.
EUSÈBE
Un homme attaché à un arbre, qui a une Croix suspendue au cou ! Il faut que j'accomplisse mon vœu, en m'agenouillant.
GIL
A qui adresses-tu ta prière, Eusèbe ? que prétendstu ? Si tu m'adores, pourquoi m'attacher ? Si tu m'attaches, pourquoi me réciter des prières ?
EUSÈBE
Q.ui es-tu ?
GIL
Tu ne reconnais pas Gil ? Depuis que tu m'as laissé ici attaché, mes cris n'ont servi de rien, pour que Quelqu'un, cruel destin î vînt me détacher.
EUSÈBE
Mais ce n'est pas ici que je f ai laissé ?