MARC
Alors arrûte-toi. — Messieurs, dès main vous devez vous en retourner, vous ntf derci aller plus loin. Car si vous cherchez à savoir qui je suis, vous réussirez à m'cmpûcher de revenir une autre fois à l'endroit où vous êtes. Et si cela ne sutiîi pas, retirez-vous,, parce que je vous supplie de vou.^
retuer.
100 MAISON A DKUX PORTES.
LTSARD.
Difficilement, Madame, le soleil obtiendrait que la fleur du tournesol ne suivit pas son disque éclatant, difficilement l'étoile polaire, lumière fixe et brillante, voudrait que l'aimant ne se tournât pas vers elle ; difficilement l'aimant chercherait à repousser l'acier qui le poursuit; si votre beauté est le soleil, mon bonheur est le tournesol ; si votre résistance est l'étoile polaire, mon chagrin est l'aimant; enfin si votre rigueur est l'aimant, mon ardeur constante est l'acier. Comment donc puis-je me décider à rester tranquille, quand je vois s'éloigner mon soleil, mon étoile polaire et mon aimant, moi qui suis la fleur, l'aimant et l'acier ?
MARCELLE
A cette fleur si belle, le jour met une fin, comme une étoile peut aussi le faire à l'aimant. Et puisque l'un et l'autre peuvent disparaître, n'accusez pas mon absence. Dites à votre opiniâtreté, aimant, acier ou tournesol, qu'il fait nuit pour le soleil, qu'il fait jour pour l'étoile, et restez ici ; car, si vous pénétrez mon secret, si vous parvenez à savoir qui je suis, jamais je ne reviendrai vous voir en cet endroit, qui a été le théâtre de notre douleur. Et puisque mon insomnie m'amène à vous voir ici, croj'ez-moi, il importe qu'il en soit ainsi. -
LISARD.
J'en appelle de votre réserve. Madame, à mon ardeur ; et supposé qu'il fût poli de ne pas vous suivre, ce serait en même temps insensé. Bêtise ou • iiapolitesse, considérez quel est le plus vilain défaut.
PREMIÈRE JOURNÉE. lOI
Vous comprendrez qu'on ne se corrige pas de la bûtise. Ainsi, Madame, pour ne pasCire bfte.ie dois ttre impoli. Il y a six jours, compris celui-ci, que l'amour aveugle vous envoya sur ce chemin, pour diïrober mon cœur ; il y en a autant que je ïOus trouve à cette heure, au lever du jour, soleil cachant ses rayons, nymplic voilée pour ses champs, divinité inconnue à ssn beau printemps. Vous m'avez adressé la parole avant que je ne le fisse. Non, je ne l'aurais pas osé, moi étranger. et de passage. Avec votre langage cncliantcur, vous avez été dis lors un aspic, et non une divinité. Car, c'est l'aspic, et non la divinité, qui donne la mOrt au milieu des fleurs. Vous m'avez dit de revenir le jour suivant i cette promenade, et mon empressement trop ponctuel m'y a attiré comme vers ma sphëie. Je n'ai pa> réuui lA premitre fois, parce que mei ardentei piiècei ne tuffîient pas i obtenir que la foi (qui ador ne voit pas) enlevât ce voile qui v voyant que l'aventure se renouvelle toujouti la faveur ne \iec\t pas, je veui devoir A inoht. que je ne pms devoir à votre beatitf, et fm V de vous suivre ; il faut qu'aujaurit'llui je pnii voir ou voir qui v
Aujourd'hui, pour aujourd'hui. J< tôt vous pourrez
Et celle-d, luiynae
9mÊ
,qûe je ne veux pas condamner mon Ime à l'enfer), • a-t-elle des raisons qui l'obligent à se cacher ?
SYLVIE
Si tu me suis, sois assuré que...
CALLEBASSE
auoi ?
SYLVIE
Que tu me poursuis, parce que qui me suit, me poursuit.
CALLEBASSE
• Je connais ce qui en est, vive Dieu !
SYLVIE
Pourquoi ne le dis-tu pas ?
CALLEBASSE
Vous devez avoir toutes deux des figures très laides.
SYLVIE
Plus belles que les vôtres.
CALLEBASSE
C'est trop fort, car je suis un Cupidon.
SYLVIE
A nous deux, nous sommes Cupidon.
Comment ?
SYLVIE
Tu es la première syllabe de ce mot, et moi les deux dernières.
Le partage ne m'est pas avantageux.
MARCELLE
Enfin, je vous rëtète ci
Mais quel gage donnez-vous ù mon espérance des deux promesses que je dois obtenir î
HARCELLE
Me laisser voit. (Elle se ddcouvre-}
LISARD.
User d'une pareille perfidie pour enchainec ma hardiesse, c'est une trahison 1 Car comment vous laisser quand je vous ai vue, mol qui tous suivais sans vous avoir vue ?
tUKCËLLE.
Fiez-vous à mcà. Bientôt votu comuîuei nu db-__ meure, et tous Tcnex combien je cherche à v servir. Je tous en donne encore une îà» I'm
U5ASD.
Maintenant, le luit de ^ace pour vous!
HA&ŒLLE.
Et moi, sans aucune défiance ; le bien reconnaisnnte. Je m'en vais par .
USAKD.
Qjie Dieu vous conduise I
Qjie le ciel vous garde I