‹ Théatre choisiChapitre 59 sur 155 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

MARCELLE, SYLVIE et LISARD entrent par Vautre pinêèl • '

SYLVIE

C'est ici la maison, seigneur, de cette dame voilée^ que vous voyez aujourd'hui à découvert. , ■

IlEUSIÉME JOURNÉE,

J.ISAED.

Qui vît jamais un pareil bonheur ?

MARCELLE

Vous n'auriez pas s^ngé, Lisard, que mon ca?

price fût allé vous chercher.

LISARD.

J'avoue mes craintes, j'avais perdu l'espijrance de ce bonlieur. Car on voit toujours aller ensemble la bonne fortune et la dC-fiance,

Qpoîqu'il soit vrai, que j'autais pu aujourd'hui, pour avoir le plaisir de vous parler, seigneur Lisard, vous prier de venir chez moi ; je ne l'aurais pas fait, si )e n'avais à vcus reprocher une impolitesse envers moi.

LISARD.

Une impolitesse envers vont}

HARCELLE

Oui, dont je dois vous avertiri

LISASD.

Si vous m'excusez -vousquand j'ai commis Uf|c faute in volontaire,!

vtius me la fasùei connaître, pour que' tombe pas, sans le savoir.

HAIU

A qui avez-Tons aiqourd' notre aventure, dont tine continuer le i£cît?

LISARD.

Je VOUS entends, et quoique je puisse le faire, je ne* prétends pas iti'excuser en rien. Car une femme qui, dans un endroit où je suis inconnu, a été si bien Renseignée sur moi ; une femme, qui se défie ainsi d'un homme dont je suis Tami ; une femme, qui a une suivante dans la maison de cet ami, laquelle rapporte les discours que je lui tiens, je la désigne assez en n'en disant pas davantage, je la fais assez connaitre en m'en allant. Car avant d'être votre galant, j'étais l'ami de don Félix.

MARCELLE

Vous avez sans doute pensé, par les détails que je vous donne, que je suis la maitresse de Félix. Eh bien I vous vous abusez étrangement, et vous devez m'en croire, si celui qui prétend aimer croit quelque chose. Non seulement je ne suis pas sa maitresse, mais je ne puis pas l'être.

LISARD.

Si vous niez les prémisses, vous concluerez mal. De qui savez-vous mon nom ? De qui êtes-vous renseignée sur moi ? De qui avez-vous pu apprendre • (je puis le dire dans un instant) ce qui s'est passé dans le cabinet de Félix entre nous d^x ?

MARCELLE

Pour en finir avec tous vos doutes ; sachez que je suis l'aniie d'une belle dame, sa maîtresse. Cellfr-cî en causant avec moi de Félix, m'a donné des détail-s* sur vous en me parlant de vous comme de l'ami. de- Félix. Quoique Félix soit assez bon gentilhomme, -un secret n'est jamais mieux placé, que quand il estignoré. Je vous prie d(mc de ne pas donner à Fél».

EKUXIÈME JOUXTÉE. IJÇ

plus de di^tails sur mai, de ne pas lui dire que ie v

un souçan auquel on ajouterait foi, je risquerais au moins la vie et surtout l'honneur.

Page 1