I III
FEUX
Vous en irez-vous^ si je vous écoute ?
LAURE
Oui.
FÉLIX
Parlez alors- MARCELLE S* avcmce jttsqu' OU bord de la coulisse,
LAURE
Vous nier qu'il y eût un homme dans, moa cabinet...
FÉLIX*
Arrêtez-vous. Est-ce une manière de m'adoucir, un moyen de me satisfaire, que de me parler ainsi, quand j'attendais une excuse polie, une satisfaction amoureuse ; faire l'aveu de l'oflfense I Vous disposez-vous à le répéter, afin que j'en éprouve une nouvelle douleur ?
Si vous ne m' écoutez pas jusqu'à la fin...
MARCELLE (à part).
Qui vit jamais une situation plus cruelle ?
FÉLIX
Q.u'ai-ie besoin d'écouter ?
LAURE
Beaucoup.
FÉLIX
Partirez- VOUS, si je vous écoute ?
LAURE
Oui.
FÉLIX
Parlez alors.
l66 MAISON A DEUX PORTES.
LAURE
Vous nier qu'il y eût un homme dans mon cabinet, et que Célia lui en a ouvert la porte, ce ne serait pas juste. Car nier en face à un homme ce qu'il voit et ce qu'il entend, c'est donner à un désespéré une corde pour consolation. Mais, de votre côté, penser que votre amour et ma foi en aient reçu une atteinte, c'est comme si vous pensiez que l'éclat du soleil est obscurci par une tache, parce que, auprès de mon honneur, cet astre mcme n'est qu'obscuritôi
FÉLIX
Qpi était donc cet homme ?
Je ne puis vous dire qui c'était.
MARCELLE (à part).
Qui vit jamais pareille angoisse ?
FÉLIX
Pourquoi ?
LAURE
Parce que je ne le sais pas.
FÉLIX
Que faisait-il, caché ici ?
LAURE
Je ne le sais pas davantage.
FÉLIX
Où est donc l'excuse ?
LAURE
De ne pas le savoir.