DAPHNIS
Tenez-vous donc pour mort, s'il vous faut ce remède...
Mais ce qui, plus que la pièce elle-même, mérite d'être signalé, c'en est la Préface, écrite en 1637, au plus Ibrt de la querelle du Cid. On ne peut citer dans notre littérature, avant les Provinciales, une page de prose plus spirituelle et plus fringante que ce brillant persifflagi des pédants qui ne veulent se divertir à la comédie que selon les règles : « Ceux qui se font presser à la représentation de mes ouvrages m'obligent infiniment; ceux qui ne les approuvent pas, peuvent se dispenser d'y venir gagner la migraine. Ils épargneront de l'argent et me feront plaisir... .l'aime à suivre les règles; mais, loin de me rendre leur esclave, je les élargis et resserre selon le besoin qu'en a mon sujet. Savoir les règles et entendre le secret de les apprivoiser adroitement avec notre théâtre , ce sont deux sciences bien différentes , et peut-être que. pour faire maintenant réussir une pièce, ce n'est pas assez d'avoir étudié dans les livres d'Aristote et d'Horace. Mon avis est celui de Térence : puisque nous faisons des poésies pour être représentes , notre premier but doit être de plaire à la cour et au peuple i. •