‹ Théâtre choisi (volume 2)Chapitre 141 sur 488 · ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV

0 dieux! sentais-je alors des douleurs trop légères Pour le malheur de Rome et la mort de deux frères ?

Et me ftattais-je trop quand je croyais pouvoir 1-221

L'aimer encor sans crime et nourrir quelque espoir ? Sa mort m'en punit bien, et la façon cruelle Dont mon âme éperdue en reçoit la nouvelle ; Son rival me l'apprend, et, faisant à mes yeux 1 -2-2.';

D'un si triste succès * le récit odieux, Il porte sur le front une allégresse ouverte, Que le bonheur public fait bien moins que ma perte, Et bâtissant en l'air sur le malheur d'autrui, \ussi bien que mon frère il triomphe de lui. 1 -230

Mais ce n'est rien encore au prix ' de ce qui reste : On demande ma joie en un jour si funeste; Il me faut applaudir aux exploits du vainqueur, Et baiser une main qui me perce le cœur. En un sujet de pleurs si grand, si légitime, 1235

>e plaindre est une bonté , et soupirer un crime ; .eur brutale vertu veut qu'on s'estime heureux 2 . li si l'on n'est barbare on n'est point généreux. Jégénérons , mon cœur, d'un si vertueux père ; Soyons indigne sœur d'un si généreux frère : i-2'*o

'est gloire de passer pour un cœur abattu, ïuand la brutalité fait la haute vertu, éclatez, mes douleurs; à quoi bon vous contraindre ? )uand on a tout perdu, que saurait-on plus craindre ".' >our ce cruel vainqueur n'ayez point de respect; 1-243

.oin d'éviter ses yeux, croissez à son aspect; )ffensez sa victoire, irritez sa colère, '.t prenez, s'il se peut, plaisir à lui déplaire.

1 vient : préparons-nous à montrer constamment*

le que doit une amante à la mort d'un amant3. 1-250

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