‹ Théâtre choisi (volume 2)Chapitre 193 sur 488 · ACTE III. SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE III. SCENE III

Mais plutôt continue à le nommer faiblesse,

Puisqu'il devient si faible auprès d'une maîtresse, 8-0

Qu'il respecte un amour qu'il devrait étouffer,

Ou que s'il le combat, il n'ose en triompher.

En ces extrémités quel conseil* dois-je prendre?

De quel côté pencher ? à quel parti me rendre ' ?

Qu'une àme généreuse a de peine à faillir! 87.-.

Quelque fruit que par là j'espère de cueillir. Les douceurs de l'amour, celles de la vengeance, La gloire d'affranchir le lieu de ma naissance. >"ont point assez d'appas pour flatter ma raison, S'il les faut acquérir par une trahison, S'il faut percer le flanc d'un prince magnaaime Qui du peu que je suis fait une telle estime. Qui me comble d'honneurs, qui m'accable de biens, Qui ne prend pour régner de conseils que les mien» 0 coup ! ô trahison trop indigne d'un homme ! Dure, dure à jamais l'esclavage de Rome! périsse mon amour, périsse mon espoir.

Plutôt que de ma main parte* nn crime si noir! Quoi? ne m'offre-t-il pas tout ce que je souhaite, Et qu'au prix de son sang ma passion achète! Pour jouir de ses dons faut-il l'assassiner? Et faut-il lui ravir ce qu'il me veut donner?

Mais je dépends de vous, ô serment téméraire! O haine d'Emilie , ô souvenir d'un père ! Ma toi. mon cœur, mon bras, tout vous est engagé, 895 Et je ne puis plus rien que par votre congé : C'est à vous à régler ce qu'il faut que je fasse ; vC'est à vous. Emilie, à lui donner sa grâce; Vos seules volontés président à son sort, Et tiennent en mes mains et sa vie et sa mort. ooo

O Dieux, qui comme vous la rendez adorable. Rendez-la, comme vous, à mes vœux exorable; Et puisque de ses lois je ne puis m'affranchir. Faites qu'à mes désirs je la puisse fléchir. Mais voici de retour cette aimable inhumaine-. 903

1. Le souci de balancer et d'equilibrer en quelque sorte les sentiments contraire* en des couplets d'étendue à peu près égale et de rythme pareil, est tm trait de notre tragédie classique.

Rien ne ressemble moins aux cri< tBndaÔBB qui trahissent ici ou là les secreis combats du héros de Shakespeare daivs ,/u/c.t Céant.

•2. Chez Shakespeare, le combat

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