‹ Théâtre choisi (volume 2)Chapitre 244 sur 488 · V. Ch · texte numérisé non relu

V. Ch

2. Voir, sur ce lieu commua de ia rhétorique cornélienne, le CSd, v. 1058 et Home-, v. 1180.

3. De même, dans Racine. Titus fait honneur i Bérénice de toutes ses

vertus, de tousses triomphes, et il n'y a pas. dans Bérénice même, de vers plus racinien que ce mot de Sévère :

Je n'aime mon 'bonheur que pour la mériter.

SÉVÈRE

Ah! c'en est trop; enfin éclaircis-moi ce point : As-tu vu des froideurs quand tu l'en as priée ' ?

FABIAN

Je tremble à vous le dire; elle est...

SÉVÈRE

Quoi?

FABIAN

Mariée2.

SÉVÈRE

Soutiens-moi, Fabian; ce coup de foudre est grand, Et frappé d'autant plus, que plus il me surprend.

FABIAN

Seigneur, qu'est devenu ce généreux courage?

SÉVÈRE

La constance est ici d'un difficile usage ; De pareils déplaisirs* accablent un grand cœur; La vertu la plus mâle en perd toute vigueur; Et, quand d'un feu si beau les âmes sont éprises, La mort les trouble moins que de telles surprises. Je ne suis plus à moi quand j'entends ce discours. Pauline est mariée!

FABIAN

Oui, depuis quinze jours; Polyeucte, un seigneur des premiers d'Arménie, Goûte de son hymen la douceur infinie.

SÉVÈRE

Je ne la puis du moins blâmer d'un mauvais choix; Polyeucte a du nom*, et sort du sang des rois : Faibles soulagements d'un malheur sans remède3! Pauline, je verrai qu'un autre vous possède!

0 ciel, qui malgré moi me renvoyez au jour, 0 sort, qui redonniez l'espoir à mon amour, Reprenez la faveur que vous m'avez prêtée, Et rendez-moi la mort que vous m'avez ôtée!

Voyons-la toutefois, et dans ce triste lieu, Achevons de mourir en lui disant adieu1;

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