D. AMAS
Quoi qu'on fasse d'illustre et de considérable .
Jamais à son sujet un roi n'est redevable. 3-0
Vous vous tlattez beaucoup, et vous devez savoir
Que qui sert bien son roi ne fait que son devoir.
Vous vous perdrez, Monsieur, sur cette confiance.
LE COMTE
Je oe vous en croirai qu'après l'expérience.
D. ARIAS
Vous devez redouter la puissance d'un roi. 75
LE COMTE
I 11 jour seul ne perd pas un homme tel que moi. Que tout'' sa grandeur s'arme pour mon supplice, Tout l'Etat périra, s'il faut que je périsse.
D. ARIAS
Quoi! vous craignez si peu le pouvoir souverain...
LE COMTE
D'un sceptre qui sans moi tomberait de sa main. 380
II a trop d'intérêt lui-même en ma personne,
Ei ma tète en tombant ferait choir sa couronne.
D. ARIAS
Souffrez que la raison remette vos esprits.
1. C'est ici, selon Voltaire, que se plaçait la fameuse apologie du duel qui ne fut jamais dite sur la scène.
tisf&ctioofi n'apaisent point une âme.
Qui les reçoit n'a rien . qui les I
[diffame.
Et de pareils accords l'effet le plus com- [mun
Est de p rire d'honneur deux hommes au lieu [d'un.
Prenez un bon conseil*.
LE COMTE
Le conseil en est pris.
D. ARIAS
Que lui dirai-je enfin? je lui dois rendre conte1. 3Cj
LE COMTE
Que je ne puis du tout consentir à ma honte.
D. ARIAS
Mais songez que les rois veulent être absolus.
LE COMTE
Le sort en est jeté, Monsieur, n'en parlons plus.
D. ARIAS
Adieu donc, puisqu'en vain je tâche à vous résoudre. Avec tous vos lauriers, craignez encor la foudre. 390
LE COMTE
Je l'attendrai sans peur.
D. ARIAS
Mais non pas sans effet.
Nous verrons donc par là don Diègue satisfait.
Cil est seul.)
Qui ne craint point la mort ne craint point les menaces. J'ai le coeur au-dessus des plus fières disgrâces; Et l'on peut me réduire à vivre sans bonheur, 39s
Mais non pas me résoudre à vivre sans honneur 2.